Home War Inefficacité offensive, défense dépassée, instabilité chronique : nouveau constat déchec au CAB

Inefficacité offensive, défense dépassée, instabilité chronique : nouveau constat déchec au CAB

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Inefficaces sur leurs nombreuses offensives et en défense, les Brivistes n’ont pas été en mesure de rivaliser face à Provence Rugby. Le CAB n’arrive pas à s’en sortir en phase finale.

Ah les fameux expected points chers au sélectionneur Fabien Galthié, présent dans les travées de Maurice-David… Si l’on prend en compte cette donnée fournie par AiA Sports, le CAB aurait dû l’emporter 31-17 face à Provence Rugby eu égard aux 61% de possession, aux 74% d’occupation, aux 6 minutes 24 passées dans les 22 adverses (contre 50 secondes pour les Aixois !). Oui mais voilà, la réalité du terrain est tout autre. Les Brivistes se sont systématiquement heurtés au rideau défensif provençal, incapables de créer des décalages malgré leur domination territoriale. À l'inverse, chaque incursion provençale a mis en lumière les carences défensives corréziennes. “On ne score pas malgré plusieurs opportunités devant leur ligne, regrettait le deuxième ligne et capitaine Anthony Coletta. Mentalement, tu perds une part du combat. Et puis, sur leurs attaques, ils marquent trop facilement. Ça montre leur supériorité. C’est ce qui a fait la différence rapidement dans ce match. Si on calcule toute la dépense d’énergie pour marquer et l’énergie qu’ils ont dépensée, eux, pour marquer… ça fait la différence. Ensuite, quand tu repasses en défense, tu es forcément plus fatigué. On le paye cash.”

Alors outre la fatigue engrangée en attaque, comment expliquer ces carences défensives ? Réponse du manager Pierre-Henry Broncan : “D’abord, il y a une très bonne attaque en face. Ensuite, Saïd (Hirèche) est un jeune entraîneur. On avait à Brive le meilleur entraîneur de la défense la saison dernière (Joe Worsley), on a terminé meilleure défense du championnat. Saïd sera un très bon entraîneur. Aujourd’hui, passer de joueur à entraîneur, c’est toujours difficile. C’est un apprentissage pour lui aussi. Si tu veux gagner ce championnat, les deux armes principales sont la défense et la conquête. Quand tu as ça, tu n’es pas loin de l’emporter… Malheureusement, on n’a pas eu cela et eux ont été meilleurs que nous sur ces secteurs.”

Vite de la stabilité !

Le départ de Joe Worsley illustre à merveille le manque de stabilité au sein de club corrézien depuis maintenant plusieurs saisons et le départ de Jeremy Davidson en 2022. Une instabilité chronique qui ne permet pas au CAB de passer un cap. “Il y a un sentiment de gâchis… La saison aurait été différente si ça avait été géré différemment”, pestait Coletta rejoint par son manager. “Le gâchis, c'est ce manque de stabilité dans le club. Je suis arrivé en décembre 2023, et nous avons été chercher une qualification à l'arrache sur le dernier match. L'année suivante, nous nous sommes qualifiés en demie direct. Alors, oui, on l'a perdue, mais tu n'arrives pas comme ça en demi-finale. Construire dessus aurait été bénéfique à l'équipe. Au lieu de ça, je suis revenu en décembre, un peu comme lors de ma première année. Ça fait chier. Tout le monde apprend, moi j'apprends, les joueurs apprennent, j'espère que le club a aussi appris, en tout cas ce soir.” Un constat lucide.

“Quand tu ne gagnes pas, tu te remets au travail, tu essaies d'analyser pourquoi tu ne gagnes pas. C'est trop facile de dégager les mecs du jour au lendemain.” Alors que Broncan prendra prochainement les rênes de la sélection géorgienne, il a tenu à laisser un message à son successeur : “Sportivement, je souhaite beaucoup de réussite à Greg Patat, mais aussi beaucoup de stabilité.” Reste désormais à savoir si cet appel à la stabilité sera enfin suivi d'effets au CAB.