Nouveau tour de vis autoritaire en Bolivie. Le parlement bolivien a abrogé mardi une loi encadrant strictement le recours à l’état d’urgence, laissant désormais les mains libres au président Rodrigo Paz pour mobiliser l’armée et restreindre certaines libertés publiques face aux manifestations réclamant sa démission.
Avec plus des deux tiers des voix, la chambre des députés a supprimé une disposition en vigueur depuis 2020 qui limitait la capacité de l’exécutif à déclarer l’état d’urgence. La loi abrogeant cette disposition «est adoptée», a déclaré le président de la chambre Roberto Castro au terme d’une session virtuelle réunissant 117 députés.
Le secrétariat de la chambre basse a précisé que le texte avait été adopté à «plus des deux tiers» des voix. Déjà approuvé par le Sénat, le texte laisse désormais davantage de marge de manoeuvre au chef de l’Etat. Au pouvoir depuis six mois, Rodrigo Paz fait face à des barrages routiers dans tout le pays et à des manifestations massives à La Paz, la capitale administrative du pays.
Mobilisation pour la démission du président
Les protestataires, issus de différents secteurs, réclament notamment des mesures pour enrayer la crise économique, la plus grave depuis quatre décennies, et exigent maintenant aussi la démission du chef de l’Etat.
L’état d’urgence limite certaines libertés publiques, comme la circulation et la réunion, et peut permettre le déploiement de l’armée en soutien à la police.
Le gouvernement de Rodrigo Paz affirme que les manifestations visent à déstabiliser l’ordre démocratique et accuse l’ancien président bolivien Evo Morales, ciblé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite présumée d’une mineure, d’en être l’instigateur.
En raison des barrages routiers, la ville de La Paz, siège du gouvernement, fait également face à une grave pénurie de denrées alimentaires, de médicaments et de carburants.






