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Dignité humaine et droit international au cœur de la réforme migratoire de lUE

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Alors que les États membres de l'UE se préparent à mettre en œuvre la réforme migratoire la plus complète du bloc depuis dix ans, le commissaire européen chargé des Migrations, Magnus Brunner, a indiqué à Euronews qu'il avait récemment abordé la question avec le pape Léon XIV.

“J'ai eu l'occasion de rencontrer le pape il y a quelques mois et j'ai eu une conversation avec lui précisément sur ce sujet”, a déclaré Brunner dans Europe Today, l'émission phare du matin d'Euronews.

“La dignité humaine, le droit international, tout cela est au cÅ“ur de la réforme. Ces principes ne sont pas négociables. C'est vraiment essentiel pour nous, en tant que législateurs et en tant que Commission européenne.”

Le souverain pontife, le pape Léon XIV, s'est récemment rendu aux îles Canaries, en Espagne, ancien point névralgique des flux migratoires.

“La dignité humaine n'a pas de passeport et ne perd pas sa valeur en franchissant une frontière”, a‑t‑il déclaré jeudi, entouré de navires de secours à quai et d'une croix en bois fabriquée à partir d'une embarcation de migrants naufragée.

Ces déclarations interviennent quelques jours après que le pape a reçu une ovation debout de sept minutes au Parlement espagnol, où il avait notamment appelé à une meilleure protection et à plus d'“amour” pour les vies les plus fragiles, entre autres messages.

Euronews a demandé à Magnus Brunner si les positions du pape et de Bruxelles, notamment celles qui avaient suscité des applaudissements nourris à Madrid, étaient compatibles. “Absolument, oui”, a‑t‑il répondu.

Le pacte migratoire

Le pacte a été salué par certaines capitales ; dans un message publié sur la plateforme X, le chancelier allemand Friedrich Merz a assuré qu'à partir de vendredi, il y aurait “un meilleur contrôle, plus d'ordre, des procédures plus rapides et une répartition équitable des responsabilités”.

Mais il est aussi très critiqué : Amnesty International a qualifié la proposition de “cruelle”, tandis que d'anciens détenus de centres de déportation offshore similaires en Australie ont déjà mis en garde les législateurs européens contre la future “tragédie”.

Le pacte porte sur dix grands dossiers législatifs, allant du renforcement des contrôles aux frontières à l'accélération des procédures, et il est lié au règlement de l'UE sur les retours, qui ouvre la voie à la création de “centres de retour”. Il s'agit de centres de renvoi installés en dehors de l'UE, chargés de renvoyer les personnes déboutées de leur demande de séjour vers leur pays d'origine.

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Le Royaume‑Uni a tenté de mettre en place un centre de retour au Rwanda, avant que le projet ne soit invalidé par la justice en 2022. Deux ans plus tard, l'Italie a créé deux centres de retour en Albanie, la Première ministre Giorgia Meloni affirmant ensuite qu'il s'agissait du modèle suivi par l'UE.

Selon les dernières données de la Commission européenne, seules 29 % des personnes dont la demande de séjour a finalement été rejetée par les tribunaux ont été renvoyées au cours du dernier trimestre. Mais les chiffres de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières, montrent que les franchissements irréguliers des frontières sont en baisse d'une année sur l'autre depuis 2021, pour s'établir actuellement à environ 178 000.

“Il n'est tout simplement pas acceptable qu'actuellement une personne sur quatre seulement, parmi celles qui n'ont pas le droit de rester dans l'Union européenne, soit renvoyée”, a déclaré Magnus Brunner à Euronews, ajoutant que le “règlement sur les retours” était la pièce manquante du pacte. “Nous devons remettre de l'ordre dans notre maison européenne”, a‑t‑il ajouté.

“Nous disposons de règles nouvelles, fermes mais aussi équitables… C'est la première fois que nous avons vraiment un système global, un système global à l'échelle européenne, avec de meilleurs contrôles, des vérifications aux frontières extérieures de l'Union et des procédures d'asile à la frontière, qui seront plus efficaces et plus rapides.”