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Dans les chansons, les romans et les films: Le football nest pas qu'un divertissement

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Du chant des tribunes à la littérature et au cinéma, le football n'est pas qu'un divertissement. C'est un phénomène social qui irrigue en profondeur la culture algérienne.

Depuis longtemps, par sentiment et réflexe d'identification, des chants et des slogans à la gloire de clubs ou de vedettes ont toujours résonné dans les tribunes de stades. On donne de la voix devant une feinte spectaculaire, un dribble époustouflant ou lorsque le ballon secoue les filets des bois.

Le football, source d'inspiration musicale

Loin du stade, le sport-roi ne se cantonne pas dans l'univers de la chanson. Certes, les chants où l'on célèbre un club ne se comptent pas. Hadj M'rizek a composé dans le contexte colonial où les couleurs ne sont pas neutres un hymne pour le Mouloudia d'Alger, «le plus célèbre club d'Afrique du Nord». Mourad Djafri assume sa passion pour le club rival de l'USMA à qui le maître El Hachemi Guerrouabi dédia également une chanson. Meskoud a proclamé son amour pour les couleurs du CRB dans «Enti Lahbiba». Auparavant Nora, dans Ya Riadhi- Oh sportif – lance un cri de reconnaissance à celui qui rend heureux.

La JSK figure dans les répertoires d'Aït Menguellet, Matoub, Allaoua, Amour Abdenour et d'autres artistes. Houari Benchenet, connu pour ses roucoulades amoureuses, a tout de même composé une chanson pour le Mouloudia d'Oran sur un rythme de karkabou.

Qui peut ignorer ou oublier Djibouha Yalawled du groupe «El Bahara» dont les paroles sont aussi célèbres que les vedettes du Mondial 1982 ? Les victoires et les qualifications de l'équipe nationale s'accompagnent toujours d'une floraison de chansons circonstancielles, et l'actuelle participation au Mondial ne fait pas exception. Il suffit de tendre l'oreille. Sur les plateformes et radios, pour encourager les Verts ou exprimer sa fierté.

Phénomène social et politique par essence, le football, parabole de courage et d'élégance, a toujours nourri la verve de chansonniers et d'écrivains.

Le football dans la littérature algérienne

En 1995, dans son roman «La vie à l'endroit», publié chez Grasset, en 1997, Rachid Boudjedra a fait de Yamaha le supporter fétiche du CRB qui a étéabattu par des terroristes, un symbole du refus de l'idéologie mortifère de ses assassins.C'est aussi à travers la finale de la Coupe de France, le 27 mai 1957, que se sont disputés les clubs de Toulouse et Angers que Boudjedra a relaté les péripéties de l'assassinat du collaborateur Ali Chekkal dans le «Vainqueur de coupe».

Si on ne compte pas les livres qui évoquent l'histoire de clubs des footballeurs eux-mêmes, les défunts Hamid Zouba et le héros de Gijon Cerbah ont pris la plume pour évoquer leur carrière.

Des séquences mémorables au cinéma

Au cinéma, le sport-roi a inspiré des séquences mémorables. C'est dans «Omar Gatlato»  qui avec sa bande de copains sont allés au stadedu 5-Juillet pour assister à un match survolté du MCA. Et Hadj Abderahmane nous fait rire dans le penalty.

Dans «Kahla ou beida» d'Abderahmane Bouguermouh, sorti en 1980, le jeu est omniprésent. Sur fond d'attachement à l'Entente de Sétif, le réalisateur de «La colline de la colline», adaptée du roman de Mouloud Mammeri, qui a vécu son enfance dans la cité de Kermali, livre une chronique douce-amère et très poétique sur une famille dont le fils Ali joue comme avant-centre dans le club fétiche de la ville.

Laadi Flici parsemait ses chroniques de références aux matchs de foot qui étaient, à l'époque coloniale, des confrontations politiques contre les équipes de pieds noirs.

Une littérature sportive en pleine expansion

Plus récemment «La footballeuse», un roman de Nadjib Stambouli, décrit les dérives dans le milieu professionnel où la magouille altère l'esprit sportif.

La littérature sportive se décline dans de nombreux ouvrages dont ceux de Hamid Grine, Bessol, Mouloud Djazouli.Tout un florilège est consacré à l'équipe de football du FLN, entre autres «Les dribbleurs de l'indépendance», de Michel Naït Challal, préfacé par Rachid Mekhloufi, et «L'indépendance comme seul but» d'Abderahim Kader. Qui a dit que du foot on peut s'en foutre ?

 

R.HammoudiÂ