Cette semaine, nous diffusons une série consacrée au cinéma africain. Dans ce premier épisode, portrait non exhaustif de la productrice franco-canado-marocaine Lamia Chraïbi. Dans son travail, elle s’implique dans les questions de l’art, de l’identité, de la femme, de l’équité, de la diversité et de l’inclusion. Après des études en sciences sociales à Paris, et en film documentaire à Montréal, elle est devenue productrice en 2007 en commençant dans le domaine publicitaire. Depuis, elle a produit et coproduit une quinzaine de longs métrages, des documentaires et plusieurs courts. Aujourd’hui, Lamia Chraïbi trouve du sens dans l’accompagnement des réalisatrices qui racontent avec créativité leurs histoires.
Il y a trois ans, en plus de son travail de productrice de cinéma, Lamia Chraïbi s’est chargée d’une nouvelle mission afin de transmettre son expérience aux plus jeunes. Avec une équipe de quatre femmes, elles Å“uvrent à aider leurs consÅ“urs débutantes à trouver leur place dans la réalisation ou dans la production. La Fondation Tamayouz a alors été lancée :
« L’idée en fait, c’est de permettre aux femmes de se raconter. C’est de tendre la main et d’accompagner toutes celles qui ne se sentent pas légitimes, pas à leur place. Moi, je me sentais un peu isolée comme productrice créative. Et j’avais très envie de faire partager mon expérience à d’autres femmes en leur donnant un peu les clefs, la définition déjà du travail, et les outils de ce qui me permet aujourd’hui de réaliser des projets. »
Tamayouz Atelier Pro, la résidence annuelle qui accompagne les jeunes talents du cinéma marocain, a déjà organisé trois éditions en venant en conseillant des femmes marocaines durant une année entière pour développer leurs idées. Elles viennent avec leurs productrices qui démarrent dans le métier : 60 femmes ont participé à ces ateliers avec une trentaine de projets.
Ce soutien aux jeunes productrices et réalisatrices dans son pays, Lamia Chraïbi a voulu l’étendre à d’autres réalisatrices d’Afrique. En partenariat avec l’Unesco et d’autres institutions, elle a lancé l’initiative Jeunes femmes africaines en action, pour accompagner le travail sur un court-métrage de dix femmes africaines venant de différents pays. Elles ont été accueillies pendant six semaines à Rabat afin de faire éclore une écriture personnelle et professionnelle :
« On a réalisé un film qui se passe dans un seul lieu mais avec 10 différentes histoires. Et chaque histoire vient compléter l’histoire de l’autre et raconter comment on peut tous être différents et, en même temps, travailler dans un seul espace. Le film s’intitule ”Cool Center” et je suis très fière de le présenter. On l’a projeté à l’Unesco. »
C’est avec son complice de toujours, le réalisateur Hicham Lasri, que le projet a été mené à bien. Cela se passe dans un centre de communication où travaillent des personnes de différentes nationalités. Le projet, dont Lamia et son équipe sont très fiers, permettrait aux réalisatrices de se professionnaliser : « Elles ont appris à avoir confiance. Elles travaillent avec des professionnels, du chef opérateur à la post- production, pour leur transmettre l’idée de s’exprimer. Faire un story-board, posséder tous les outils, pour retranscrire leur projet en image. »
Ce projet, Lamia Chraïbi souhaite le reproduire maintenant tous les deux ans. Elle cherche activement des partenaires.







