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Jai participé à 13 Coupes du Monde… Qui est Philippe Galzin, ce Lozérien qui a réalisé le rêve de millions de fans ?

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En 1974, alors qu'il n'était âgé que de 20 ans, Philippe Galzin prenait la direction de l'Allemagne de l'Ouest en stop pour assister à sa première Coupe du monde de football. Depuis, le natif d'Alès a multiplié les voyages aux quatre coins du globe, a vu jouer les meilleurs joueurs de l'histoire du ballon rond et s'est forgé des souvenirs presque irréels. Après 13 coupes du monde, il raconte son histoire.

Au Merlet à Pont-de-Monvert, en Lozère, Philippe Galzin, 72 ans, profite de sa vie paisible de propriétaire de plusieurs chambres d'hôtes, entièrement retapées par ses soins, qu'il dirige en duo avec sa fille. Saucisson, jus de fruits, confitures, terrines de campagne, l'agriculteur à la retraite sait tout faire. Et n'hésite pas non plus à continuer de se lever aux aurores pour s'occuper de son troupeau d'agneaux. En ce jeudi midi, au milieu du parc naturel des Cévennes, rien n'indique que le Lozérien a l'ambition d'assister, pour la treizième fois consécutive, à la finale de la Coupe du monde de football en juillet prochain à New York.


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Tout débute à Alès, soixante-douze ans plus tôt. “Mon père et ma mère détestaient le football, mes frères aussi”, confie celui dont la passion pour le ballon rond grandit au contact de ses amis : “j'ai commencé à jouer au foot avec les copains dans la cour de l'école, puis on allait jouer au stade et après j'ai joué dans une équipe et c'est parti !” Avec la complicité de son cousin Jean-Jacques Bourdin, le jeune Philippe Galzin va pour la première fois voir un match du Nîmes Olympique et tombe amoureux de cette équipe qu'il supporte toujours aujourd'hui… même si les temps sont durs.

Plus de 100 matches de phases finales

À cette époque, celui qui allait devenir agriculteur ne se doutait absolument pas qu'il allait assister à plus de 100 matches de phases finales de la Coupe du monde. “Au départ, il n'y a pas d'idée du tout. En 1974, j'ai simplement des amis qui habitent à côté de Munich et je leur dis que je viendrai voir la Coupe du monde chez eux“. À suivi un demi-siècle de matches, de moments forts, d'anecdotes plus folles les unes que les autres. Reste qu'il est aujourd'hui “impossible” pour Philippe Galzin de raconter ces souvenirs dans le moindre détail. En revanche, les moments les plus forts restent gravés dans sa mémoire.

Jai participé à 13 Coupes du Monde… Qui est Philippe Galzin, ce Lozérien qui a réalisé le rêve de millions de fans ?
Philippe Galzin et ses dizaines de billets de coupe du monde.
Philipe Galzin

Et en cinquante ans de souvenirs footballistiques et “13 Coupes du monde”, ils sont nombreux. En 1974, j'ai acheté mon billet pour la finale au guichet du stade le matin même. Et en 1978, en Argentine, c'est là où j'ai les meilleurs souvenirs. J'y suis parti sept mois avec un ami avant la compétition. L'Argentine, c'est le pays de la passion du football ! Pelé a même eu droit à une standing ovation, se souvient le passionné. Quand on sait à quel point les Argentins haïssent les Brésiliens, on a du mal à s'imaginer.” Et de poursuivre : “lors de la demi-finale Italie-Argentine à Naples en 1990, tout le stade était pour l'Argentine… parce que Maradona. C'était un phénomène, d'ailleurs c'est mon joueur préféré.”

En 2022, je n'ai eu aucun regret. Mais, en 2006, j'avais les boules.

Son pire souvenir ? “Sans doute et de loin” la finale de la Coupe du monde 2006. C'est la France contre l'Italie et l'expulsion de Zidane. “Je n'ai pas vu le coup de boule, j'ai juste vu l'arbitre sortir le carton rouge, se remémore avec beaucoup de peine le supporter des Bleus. De toutes les finales auxquelles j'ai assisté, c'est la seule fois où je n'ai pas vu la remise du trophée.” Preuve que la plaie n'est pas totalement refermée : “en 2022, je n'ai eu aucun regret. Mais, en 2006, j'avais les boules.”

Patiente, contact et débrouille

Pour garder une trace indélébile de tous les matches auxquels il a assisté, Philippe conserve très précieusement tous ses billets amassés depuis sa première Coupe du monde. Rangés du plus ancien au plus récent, dans une simple enveloppe. Une collection qui pourrait être bien plus grande encore, le septuagénaire n'ayant pas conservé les premiers billets qu'il avait pu récolter. “J'ai été idiot“, juge celui qui regrette aujourd'hui que tout se gère “sur téléphone” : “Je ne vais pas acheter une place à quelqu'un que je ne connais pas sur un téléphone. Par contre, si on me donne un billet papier et que je lui donne du pognon, là il y a un vrai contact”, argumente celui qui n'a qu'un billet de la Coupe du monde au Qatar dans sa collection.

Je suis parti à quatre Coupes du monde avec mon billet pour la finale, pour les neuf autres je me suis débrouillé.

Et c'est justement ce contact qui a permis au Lozérien de se dégoter des places pour des matches pour des Mondiaux, des derbys européens ou sud-américains. En se liant d'amitié avec des supporters assis à côté de lui dans les stades ou dans l'avion ou en se mettant parfois dans des situations inconfortables. Ainsi, en 2002 en Corée du Sud, il raconte à Midi Libre avoir attendu plusieurs heures dans le hall d'un hôtel pour récupérer “une place pour l'une des deux demi-finales”. La patiente, le contact et la débrouille c'est ce trio qui lui a ouvert les portes de la Bombonera pour le derby argentin Boca Juniors-River Plate ou pour le derby londonien Tottenham-Arsenal auquel il rêvait d'assister.

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Philippe Galzin veut désormais décrocher une place pour la finale 2026. Mais, “ça s'annonce très compliqué”. Entre prix déraisonnables et rareté des places, la chance devra faire partie de l'équation. L'aficionado ne ménage cependant pas ses efforts pour atteindre son but, entre campagne médiatique lancée après un coup de pouce de Kylian Bertrand et message direct à la Fifa. “Je ne veux pas qu'on me donne des billets, je veux acheter des billets !”, précise toutefois notre homme qui s'envolera en juillet pour l'Amérique du Nord pour assister aux deux demi-finales. Objectif d'ici là : ” remuer corps et âme” pour obtenir un précieux sésame pour la finale.