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Vaslav Nijinsky (1889-1950), the shooting star of dance

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[!–>Le 18 mai 1909, le tout Paris se précipite au théâtre du Chatelet pour voir les Ballets russes, la célèbre compagnie de Serge de Diaghilev. Ce soir-là, le public découvre, stupéfait, un jeune inconnu nommé Vaslav Nijinski dont la grâce et la hauteur des sauts, fera dire à Anna de Noailles que « lorsqu'on l'avait vu danser, on restait à jamais appauvri par son absence ». En l'espace d'une soirée, le danseur est hissé au rang de demi-dieu. Pourtant force est de constater qu'en ville, taiseux et sombre, Nijinski ne paie pas de mine, le peintre Alexandre Benois le compare à un garçon de magasin plus qu'à un héros de conte de fée ; quant à Jean Cocteau, il le décrit, comme « un petit singe aux cheveux rares ». Mais, sur scène, tous sont unanimes. Ils n'ont jamais vu ça. Qui est donc ce nouveau phénomène ?<!–>

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[!–>Retour sur la vie de ce danseur hors norme, né en 1889 à Kiev dans une famille de danseurs polonais, entré en 1898 à l'École Impériale du Ballet de Saint-Pétersbourg et engagé dans le prestigieux Théâtre Mariinski, dès l'âge de 15 ans. En 1912, Serge de Diaghilev confie à Nijinski sa première chorégraphie, ce sera L'Après-midi d'un faune sur une musique de Claude Debussy. Alors que le public s'attend à retrouver les célèbres sauts qui ont fait la gloire de Nijinski, la danse proposée, pieds et jambes tournés vers l'intérieur, privilégie le sol et l'immobilité au mouvement. On parlera même de chorégraphie « pétrifiée ». Cette danse révolutionnaire atteindra son apogée l'année suivante avec Le Sacre du printemps sur une musique de Stravinsky. Lors de la première représentation, le public totalement désarçonné, hurle et se déchaîne. Nijinski déchaîne plus que jamais toutes les passions.<!–>

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[!–>Alors qu'il est au sommet de sa gloire, un mariage précipité qui entraîne son renvoi des ballets russes, son statut d'apatride pendant la Première guerre mondiale, alliés à une santé de plus en plus chancelante aussi bien physique que mentale l'éloignent de la scène. Le 19 janvier 1919, à l'occasion d'une soirée de bienfaisance en Suisse où il s'était installé avec sa femme et sa première fille, Nijinski, contre toute attente, improvise un solo sur la violence de la guerre puis se fige dans une intensité dramatique insoutenable. Les spectateurs repartent épouvantés, sans savoir qu'ils ont assisté à sa dernière représentation. Après ce jour, il s'enfonce davantage encore dans le mutisme, passe les deux mois suivants à décrire sa détresse psychologique et ses hallucinations dans des cahiers, où il se décrit comme le « clown de Dieu » et dessinant d'étranges figures circulaires. On lui diagnostique une schizophrénie. Dès lors, il est interné pendant 30 ans. Il mourra en 1950.<!–>

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  • [!–>Christian Dumais-Lvowski, écrivain, auteur, éditeur des Cahiers de Nijinski, réalisateur de nombreux documentaires sur la danse et chargé de mission de la Fondation Vaslav et Romola Nijinski pendant 25 ans<!–>
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  • [!–><!–>Olivier Py–>, directeur du théâtre du Chatelet, metteur en scène de La Bal(l)ade de Nijinski adapté des Cahiers avec le comédien Bertrand de Roffignac et le musicien Guilhem Fabre<!–>
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  • [!–>Dominique Brun, danseuse, chorégraphe et chercheuse, co-directrice de l’association Ouverture dans un nouvel onglet<!–>
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  • [!–>Annie Suquet, historienne de la danse<!–>
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  • [!–>Louis Raffinot, psychologue clinicien, psychanalyste et chercheur, auteur d'une thèse en psychologie clinique sur Les Cahiers de Nijinski et le déclenchement de sa schizophrénie (2019)<!–>
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  • [!–>Jean-Christophe Paré, Premier danseur à l'Opéra à partir des années 1990<!–>
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  • [!–>Énora Rivière, danseuse, chorégraphe, audiodescriptrice en danse et autrice<!–>
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  • [!–>Les Cahiers de Nijinski par Bertrand de Roffignac<!–>
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[!–>Merci à Pierre Clamaron de la BnF et Mathilde Jamain, cheffe du service de la BnF, de nous avoir permis de découvrir les dessins de Nijinski conservés à la bibliothèque musée de l'Opéra.<!–>

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  • [!–>Peter Ostwald, Vaslav Nijinski, un saut dans la folie (éditions Passage du Marais, 1993 pour l'édition française), LA biographie de référence sur Nijinski<!–>
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  • [!–>Vaslav Nijinski, Cahiers, version complète des écrits de Nijinski, traduite du russe par Christian Dumais-Lvowski et Gallina Pogojeva (éditions Actes Sud, 1995 – à ne surtout pas confondre avec Le journal de Nijinski (Gallimard/Folio, 1991) qui est la version expurgée du texte de Nijinski par Romola Nijinski)<!–>
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  • [!–>Perrine Le Querrec, Soudain Nijinski (éditions de la Contre Allée, 2024)<!–>
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  • [!–>Christian Dumais-Lvowski, Variations sur l'après-midi d'un faune (éditions Alternatives, 2009)<!–>
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  • [!–>Énora Rivière, Moteurs – Un sacre, Carnets (Centre national de la danse, 2024)<!–>
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  • [!–>Annie Suquet, L'éveil des modernités – Une histoire culturelle de la danse (1870-1945), Histoires (Centre national de la danse, 2024)<!–>
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  • [!–>Valentine Hugo et Jean Cocteau (1953 – INA)<!–>
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À lire et à écouter aussi

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[!–>Un documentaire de Céline du Chéné, réalisé par Laurent Paulré. Prises de son, Christophe Papon, Marie-Claire Oumabady. Mixage, Marie-Claire Oumabady. Lectures, Bertrand de Roffignac. Archives INA, Clary Monaque. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron, avec la collaboration de Redouane Malek.<!–>

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