Ce scénario est exactement celui qu’il voulait éviter : des aides, débloquées au fur et à mesure, sous pression, sans visibilité. Au début de la guerre en Iran, il y a presque deux mois, le gouvernement a essayé de temporiser. Il a fait le dos rond. Le 4 mars, sur RMC, la ministre de l’Energie, Maud Bregeon, tentait de rassurer : “A court terme, on peut s’attendre à une hausse de quelques centimes, en moyenne, dans les jours à venir (…) Une hausse contenue, limitée“. Depuis, la guerre s'est installée. Les quelques centimes sont devenus quelques dizaines de centimes. Le gouvernement a dû réagir. Pas le choix.Avec quel bénéfice politique ? Aucun. Le Rassemblement national accuse l'Etat de gagner de l'argent sur le dos des automobilistes, grâce aux recettes supplémentaires sur le carburant. Le gouvernement a beau répondre que ces recettes sont “deux fois inférieures au coût des mesures de soutien“, il reste sous pression, toujours soupçonné de ne pas en faire assez. Un exemple ? Les marges des distributeurs. L’Etat les contrôle. D’après lui, globalement, les distributeurs jouent le jeu. S’ils changeaient d’attitude, un décret est prêt, pour plafonner ces fameuses marges. Empêcherait-il ce nouveau choc pétrolier ? Non. Sans mauvais jeu, cela jouerait seulement… à la marge.
En grande partie, ici, l’État est impuissant. Politiquement, c'est très difficile à assumer. Que peut-il faire ? Baisser les taxes sur le carburant ? Cela lui coûterait très cher, et écologiquement, le message serait désastreux. Multiplier encore les aides, comme il y a quelques années, quoi qu'il en coûte ? L’État n'en a pas les moyens. Ce mois-ci, les aides ont déjà coûté 150 millions d'euros. Le mois prochain, ce sera au moins 180 millions. Les finances publiques sont très dégradées. Les marges de manÅ“uvre, très limitées.Cela ne signifie pas que l'État ne peut rien faire. Il pourrait regarder les marges des raffineurs, par exemple, et pas seulement des distributeurs. Et taper du poing sur la table pour que les superprofits des géants du pétrole soient taxés, comme en 2022, au début de la guerre en Ukraine. La Commission européenne y réfléchit.Mais fondamentalement, le rôle de l'État est ailleurs. C'est un rôle de planification, pour la suite, pour l'avenir, pour sortir des énergies fossiles. Comment ? Le gouvernement essaie, timidement, avec son plan d'électrification. Dans un an, nous voterons. Si la politique fait son travail, ce sujet-là , l'énergie, devrait être au cÅ“ur de la campagne. Pour qu'enfin nous n'ayons plus les yeux rivés sur les compteurs des pompes à essence.





