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Ortagus face au Moyen-Orient: Regardez où nous en sommes aujourdhui

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Lors du Middle East Forum à Washington, l’envoyée spéciale américaine pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, a livré un discours sans concession sur la politique étrangère de l’administration Trump dans la région. Devant un parterre de spécialistes et de décideurs, elle a défendu sans détour la doctrine de fermeté adoptée par Washington, dressant un bilan qu’elle juge positif face à deux décennies de ce qu’elle appelle une “culture de la peur”, la crainte de provoquer, d’agir, de s’opposer. 
 

Revenant sur l’état du Moyen-Orient il y a deux ans et demi, l’envoyée brosse un tableau sombre mais précis. L’attaque du Hamas contre Israël et la prise d’otages, l’embrasement du front sud libanais alimenté par le Hezbollah, les frappes houthies répétées contre la navigation commerciale en mer Rouge, et l’extension tentaculaire de l’influence iranienne sur plusieurs théâtres régionaux : autant de crises que l’ex-porte-parole du Département d’État attribue, en partie, à cette “culture de la peur”.

 

« La sécurité nationale n’est pas une question de popularité. Les États-Unis mènent aujourd’hui une confrontation directe avec les États sponsors du terrorisme. »  
– Morgan Ortagus · Middle East Forum, Washington –

 

La doctrine de la fermeté : des résultats concrets 
Face à ce passif, Ortagus défend la philosophie de l’administration Trump : assumer la confrontation, rétablir la dissuasion et faire payer un coût réel à ceux qui défient l’ordre régional. Les résultats, avance-t-elle, sont là. Les capacités opérationnelles de plusieurs factions armées ont été sérieusement dégradées ; la puissance de projection iranienne s’est contractée ; la sécurité des alliés de Washington dans la région a été, selon elle, substantiellement consolidée.
La pression économique sur Téhéran figure au cÅ“ur de cette stratégie. Les sanctions renforcées et le durcissement de la pression internationale ont, d’après l’envoyée, produit des effets mesurables : effondrement de la valeur de la monnaie iranienne, inflation galopante, et — conséquence directe — difficulté croissante pour le régime à financer ses mandataires dans la région. L’axe dit “de la résistance” se retrouve ainsi financièrement asphyxié à la source.

 

Points clés du discours 
â€¢â  La politique d’évitement des décennies passées a alimenté, et non endigué, les crises régionales.
â€¢â  La doctrine américaine de fermeté a affaibli plusieurs factions armées et réduit l’influence iranienne.
â€¢â  Les sanctions ont provoqué un effondrement monétaire et une inflation sévère en Iran, limitant son soutien à ses proxies.
â€¢â  Les États-Unis et leurs alliés occupent aujourd’hui une position stratégique plus solide qu’en 2023-2024.
â€¢â  La sécurité nationale exige du courage politique, pas de la popularité.

Un bilan assumé, une vision revendiquée 
Ce qui distingue la prise de parole d’Ortagus, c’est son refus de l’euphémisme. Elle ne vend pas une politique ; elle en défend la cohérence philosophique. La dissuasion, rappelle-t-elle, n’est pas un état naturel : elle se construit, s’entretient et, si elle disparaît, met des années à se reconstruire. Le Moyen-Orient, selon elle, en a fait l’expérience à ses dépens.
En conclusion, l’envoyée interpelle son auditoire avec une formule qui sonne comme un défi : “Regardez où nous en sommes aujourd’hui.” Sous-entendu : comparez l’état de la région avant et après la réaffirmation de la puissance américaine. Le verdict, à ses yeux, se passe de commentaire.

Le discours d’Ortagus pose avec une netteté rare la question centrale du moment : peut-on stabiliser le Moyen-Orient sans accepter d’en payer le prix politique et stratégique ? Sa réponse, elle, ne souffre aucune ambiguïté.