En 10 jours, la polémique autour de Vincent Bolloré et de son influence sur le cinéma français continue de prendre de l'ampleur en plein Festival de Cannes. La tribune publiée avant le Festival contre « l'emprise grandissante » du milliardaire sur le secteur a désormais largement dépassé les frontières françaises.
Le collectif « Zapper Bolloré » a annoncé ce jeudi 21 mai avoir recueilli près de 3 500 signatures, contre environ 600 au moment de la publication du texte dans Libération le 11 mai dernier. Parmi les nouveaux soutiens figurent plusieurs grands noms du cinéma international comme Javier Bardem, Ken Loach, Yórgos Lánthimos, Aki Kaurismäki, Mark Ruffalo, Walter Salles ou encore Indya Moore. Le collectif souligne d'ailleurs qu'aucun des nouveaux signataires mis en avant n'est français.
Cette vague de signatures arrive après les propos du week-end dernier de Maxime Saada, patron de Canal+, lorsqu'il avait expliqué pendant le Festival de Cannes qu'il ne souhaitait « plus travailler » avec les signataires de la tribune. « Je n'ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de cryptofasciste », avait-il notamment déclaré.
« Un coup de pression à deux balles »
Au départ, la tribune dénonçait surtout le renforcement progressif de l'empire Bolloré dans le cinéma français, et notamment au travers du projet de rachat d'UGC par Canal+, déjà propriétaire de StudioCanal et acteur incontournable du financement du cinéma en France. Les auteurs du texte redoutent une concentration croissante du pouvoir culturel entre les mains du groupe Vivendi et accusent Vincent Bolloré de porter un « projet civilisationnel » réactionnaire susceptible d'influencer les œuvres financées et diffusées.
Depuis la sortie du patron de Canal+, plusieurs personnalités du cinéma ont dénoncé ce qu'elles considèrent comme une forme de pression exercée sur les professionnels du secteur. Alain Chabat a ainsi qualifié les propos du dirigeant de Canal+ de « coup de pression à deux balles ».
Mais le sujet fracture aussi le milieu. À Cannes, Mathieu Kassovitz a pris la défense de Canal+, estimant qu'« aucun cinéaste n'a été censuré » à ce stade et que la chaîne « fait très bien son boulot pour l'instant ». Dominique Farrugia a lui aussi affiché son soutien à Maxime Saada et aux équipes de Canal+.







