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En zone de conflit, lavenir après les ruines : Patrimoines en résistance, lexpo choc à voir à Paris

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C'est autant une ode à la beauté du patrimoine mondial qu'un appel criant à le préserver, alors même qu'il est devenu une cible dans les zones de conflits armés. L'exposition « Patrimoines en résistances, de Tombouctou à Odessa », portée par la Cité de l'architecture sous le patronage de la Commission nationale française pour l'Unesco, et avec pour partenaire le Grand Palais RMN, est à voir à Paris (Ile-de-France), depuis le mercredi 20 mai 2026 et jusqu'au 3 janvier 2027. 

Un temps de réflexion indispensable

Cette exposition inédite réunit un ensemble exceptionnel de cartes (conçues par l'atelier de cartographie de Sciences Po), de textes, de maquettes, de photographies et de vidéo et « donne ainsi à voir comment l'art et l'architecture peuvent aider à réparer le monde », présente la Cité de l'architecture. 

Elle vise à livrer « un regard nouveau sur les conflits du 21e siècle en s'intéressant particulièrement à onze pays, dont deux, l'Ukraine et la Palestine, sont présents tout au long du parcours, aux côtés de l'Afghanistan, de la Syrie, de l'Irak, du Liban, de l'Arménie, du Mali, du Yémen, du Soudan et de la République démocratique du Congo. »

« Sans prétendre à l'exhaustivité, cette exposition éclaire des sites et des situations emblématiques de la destruction du patrimoine culturel au 21e siècle. Par des entrées thématiques et géographiques et en remontant le temps, elle offre des clés de lecture pour comprendre l'ampleur de ce qui est perdu, mais aussi donner à voir les multiples formes de résistance à la destruction », appuie le Commissariat d'exposition.

Une invitation à s'arrêter, contempler, et à réfléchir dans un monde dans lequel nous sommes noyés sous un flot d'informations continu.

Effacer, résister, réparer

Plusieurs aspects sont évoqués, au fil du parcours. L'effacement, d'abord. « Au début des années 1990, la couverture médiatique et politique de la première guerre du Golfe a voulu convaincre le public occidental de l'avènement d'une guerre maîtrisée et aseptisée », exemplifie le Commissariat d'exposition. « Mais la réalité était tout autre. Peu après, les atrocités de masse commises en ex-Yougoslavie et au Rwanda ont définitivement dissipé cette illusion. » Cet effacement s'étend souvent aux patrimoines « ordinaires et immatériels ». 

La résistance, ensuite. Car si la protection du patrimoine culturel a longtemps été confiée à de grandes institutions internationales (l'Unesco, l'ALIPH ou la Fondation Aga Khan), d'autres acteurs ont émergé (ONG, associations, collectifs de citoyens et d'architectes)… Autant de gens investis qui « mènent des actions multiples pour protéger, inventorier, documenter et représenter le patrimoine monumental ou ordinaire. » Sur le terrain, tout geste devient une forme de résistance. 

Enfin, la réparation. « Au 21e siècle, on ne parle plus seulement de ‘reconstruction' mais aussi de ‘réparation post-conflit'. Ce processus concerne aussi bien la ville, le bâti et l'environnement naturel que les esprits et les corps, en particulier ceux des femmes victimes de violences sexuelles. » Au-delà de la reconstruction des sites patrimoniaux, il s'agit de « refaire société ».

En marge de l'exposition, un programme de médiation se décline, du 28 mai au 11 décembre : un cycle de rencontres, conférences, projections et master class consacré aux relations entre patrimoine, conflits, reconstruction et création contemporaine.

Attention : cette exposition traite de zones de conflit et présente des œuvres susceptibles de choquer les personnes sensibles et les enfants de moins de 12 ans.

« Patrimoines en résistance, de Tombouctou à Odessa », du 20 mai 2026 au 3 janvier 2027, sous le patronage de la Commission nationale française pour l'UNESCO et en partenariat avec le Grand Palais RMN, Cité de l'architecture et du patrimoine – Accueil Trocadéro, 1, place du Trocadéro et du 11 novembre, 75116 Paris. Tarif : 13/10 €. Plus d'infos sur le site officiel de la Cité de l'architecture.

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