L’humoriste avait pris la suite de David Letterman, en 2015, à la présentation de ce talkshow depuis 1993.
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Ultime série de blagues au canon, sketches absurdes et Paul McCartney en invité d’honneur : Stephen Colbert a animé jeudi 21 mai le dernier “Late Show” sur CBS, énième chapitre de la guerre de Donald Trump contre les médias qu’il juge hostiles.
Critique acerbe du président, qu’il étrille presque chaque soir à l’antenne, l’humoriste de 62 ans l’a curieusement épargné pour sa dernière émission, préférant mettre en valeur ses invités, comme l’ancien Beatles de 83 ans, qui a chanté Hello, Goodbye pour l’occasion.
“Nous avions prévu de faire une énorme émission spéciale ce soir, mais le truc, c’est que nous aimons penser que chaque épisode du “Late Show” est en quelque sorte spécial et que la meilleure façon de célébrer ce que nous avons fait ces onze dernières années était simplement de faire une émission normale”, a-t-il lancé.
L’annonce de la fin de ce show de dernière partie de soirée vieux de trente-trois ans date de l’été. L’humoriste avait peu avant qualifié de “gros pot-de-vin” un accord de 16 millions de dollars passé avec Donald Trump par la maison mère de la chaîne, Paramount, à la suite d’un contentieux concernant le montage d’une interview avec son ex-rivale à la présidentielle, Kamala Harris.
CBS a insisté sur le fait que la décision d’annuler The Late Show – leader d’audience sur son créneau – était purement financière, sans rapport avec les efforts de Paramount pour obtenir l’aval du gouvernement pour sa fusion de 8,4 milliards de dollars avec Skydance Media.
Mais de nombreuses voix, à commencer par celle de l’animateur, y ont vu la main du président américain, en guerre ouverte contre les médias qu’il juge lui être hostiles. À plusieurs reprises, ce dernier avait jugé que CBS était “hors de contrôle“, qualifiant Stephen Colbert d'”épave pathétique” devant être mis “hors service“. Depuis, une journaliste d’opinion classée à droite, Bari Weiss, a été nommée à la tête de CBS News, où elle a entrepris une refonte des équipes. Dans la nuit, le milliardaire s’est réjoui sans pudeur de la disparition de l’émission. “Incroyable qu’il ait tenu si longtemps !”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. “Aucun talent, aucune audience, aucune vie. Il était comme un mort. Vous pourriez prendre n’importe qui dans la rue, il serait meilleur que ce parfait crétin. Dieu merci, il est enfin parti !“
Dans les semaines précédant la dernière émission, plusieurs invités prestigieux se sont pressés sur son plateau, essentiellement hostiles au locataire de la Maison Blanche, comme l’ancien président Barack Obama, le chanteur Bruce Springsteen, le réalisateur Steven Spielberg, les acteurs Robert de Niro ou Tom Hanks.
Stephen Colbert était visiblement ému la semaine dernière lorsqu’il a été rejoint dans l’émission par ses confrères et concurrents d’autres chaînes – Jimmy Kimmel, Seth Meyers, John Oliver et Jimmy Fallon –, venus témoigner de leur soutien. Jeudi, ils sont de nouveau apparus dans l’émission pour un sketch, avec l’humoriste Jon Stewart. Jimmy Kimmel a lui-même été brièvement déprogrammé en septembre par sa chaîne ABC après une levée de boucliers dans les rangs républicains sur une remarque qu’il avait faite au sujet de l’assassinat de l’influenceur ultra-conservateur Charlie Kirk.
Pour la suite, Stephen Colbert a laissé entendre qu’il pourrait envisager une nouvelle émission, sans plus de détail. “Beaucoup de gens me demandent ce que je vais faire maintenant… La réponse est : me droguer”, a-t-il plaisanté jeudi soir. Grand fan de l’univers de l’écrivain britannique Tolkien, il va surtout co-écrire un nouveau film tiré du Seigneur des anneaux avec le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, qui a adapté la trilogie au cinéma.



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