Home War Technique. Comment lUBB peut-elle réussir à éviter la rush defense du Leinster...

Technique. Comment lUBB peut-elle réussir à éviter la rush defense du Leinster ?

12
0

Alors qu'ils avaient été mis en difficulté voilà quelques semaines par la “rush defense” de Montpellier, les hommes de Yannick Bru avaient su en tirer les bonnes leçons pour éviter le piège tendu par Bath. Ce sera encore primordial au moment d'affronter le Leinster de Jacques Nienaber, qui s'est approprié depuis deux ans le système défensif des Springboks. Sans pour autant le maîtriser encore parfaitement…

On l'aurait presque oublié, tant Rassie Erasmus monopolisait l'espace médiatique en 2023. Mais le sélectionneur champion du monde en titre n'est autre que Jacques Nienaber, qui en portait officiellement le statut depuis voilà deux ans, avant de prendre en charge la succession de Stuart Lancaster comme entraîneur principal de la province du Leinster. Qu'est-ce que le Sud-Africain a apporté à la province irlandaise, depuis lors ? Eh bien tout d'abord, un titre en URC la saison dernière, ce qui n'était plus arrivé au Leinster depuis 2021. De quoi conclure qu'avec l'ancien Springbok, les Irlandais en ont terminé de la malédiction qui les voyait systématiquement perdre leurs finales ? C'est ce qu'ils espèrent, en tout cas, et cette dernière manche à Bilbao sera l'occasion de le vérifier sur la scène européenne après quatre finales perdues consécutivement (en 2019, 2022, 2023 et 2024), alors que ces derniers traînaient auparavant une réputation d'invincibles, capables de remporter leurs quatre premières finales entre 2009 et 2018.

Et pour cela, en grand pragmatique, Nienaber a instauré un travail de fond sur les mentalités irlandaises, que l'on sait parfois friables lors des grands rendez-vous éliminatoires. À savoir un mantra selon lequel, plutôt que de chercher à tout prix à imposer son jeu (ce à quoi le Leinster n'est jamais parvenu lors de ses quatre dernières finales, jusqu'à surjouer, puis déjouer), la priorité en finale consiste à provoquer les erreurs de l'adversaire, pour mieux les punir. Une recette de succès difficile à contester, puisque les Springboks en ont fait leur miel lors des deux dernières Coupes du monde.

L'expérience de la demie contre Bath

Voilà pourquoi le premier chantier de Nienaber avec le Leinster a été de transformer leur défense traditionnellement en contrôle en “rush defense” hyper agressive, censée mettre sous pression l'adversaire en permanence. Le hic ? Il est que, culturellement, les joueurs irlandais ont un peu de mal avec ce système, le régulateur de la défense Garry Ringrose ayant été habitué depuis des années à défendre l'espace plutôt que l'homme, tout comme – au hasard – la star all black Rieko Ioane, qui a eu un mal fou à trouver sa place au sein du dispositif depuis son arrivée en Irlande. En conséquence ? S'ils parviennent régulièrement à placer leurs adversaires sous pression, ces derniers n'en commettent pas moins des erreurs de (re)placement lorsque la fatigue se fait sentir et que le naturel revient au galop.

Générant parfois dans les couloirs des espaces béants que l'UBB pourrait se régaler à exploiter dans le sillage de son maestro Matthieu Jalibert, toujours prompt à percevoir les espaces libres dont sa cavalerie aime tant se régaler… Reste que, parfois, ces espaces ne sont qu'illusion lorsque la défense parvient à les fermer, comme Montpellier y est récemment parvenu face à Bordeaux. Et qu'un homme averti en vaut évidemment deux… “Face à une très grosse défense qui monte en sprint, il n'y a pas beaucoup d'options, expliquait Yannick Bru après la défaite devant le MHR. Soit on l'agresse en se montrant plus forts qu'elle, soit il faut prendre plus de profondeur pour absorber sa pression et essayer de la contourner, soit.” Une deuxième option qui avait déjà été priorisée lors de la demi-finale face à Bath, qui avait vu la cavalerie girondine trouver la profondeur suffisante pour atteindre les couloirs, générant en retour des espaces au milieu du terrain dans lesquels les gros porteurs Gazzotti, Tameifuna et compagnie s'étaient régalés. Bis repetita face au Leinster, au vu du constat selon lequel les ailiers toulonnais ont probablement été sous-utilisés lors de leur demi-finale ? C'est bien ce sur quoi on parierait, oui…Â