La série documentaire éponyme “Rafa”, découpée en quatre épisodes et disponible vendredi sur Netflix, revient sur les succès, les doutes et les souffrances qui ont marqué la carrière de Rafael Nadal.
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Un corps qu’il a usé jusqu’au bout. Dans la série documentaire éponyme qui lui est consacrée, “Rafa”, produit par Netflix et disponible vendredi 29 mai, Rafael Nadal revient face caméra sur ses succès, ses titres mais aussi ses souffrances, ses blessures et sa recherche permanente de dépasser ses limites. Le réalisateur américain, Zach Heinzerling, a pris le parti de tracer le parallèle entre son début de carrière et son évolution, et l’année 2024, année où il s’est battu autant que possible pour revenir à la compétition alors que son corps lui disait d’arrêter. La première séquence du documentaire est d’ailleurs celle de l’enregistrement de sa vidéo, postée sur les réseaux sociaux en octobre 2024, annonçant sa retraite sportive.
Si les plus fidèles supporters du joueur n’apprendront pas de nouvelles choses sur Rafael Nadal, le documentaire, très bien construit, a le mérite de donner la parole à l’ensemble de l’entourage – ses parents, sa femme, sa sÅ“ur, ses entraîneurs et son kinésithérapeute – du vainqueur de 22 titres du Grand Chelem, dont 14 à Roland-Garros. “Rafa” y confie des années de souffrances, sans pour autant les regretter, avec son oncle Toni, qui pour apprendre à souffrir sur le terrain, conditionnait le jeune Rafael à une heure d’entraînement avant d’avoir la moindre goutte d’eau. Ou encore, quand il l’oblige, à onze ans, à aller au bout d’un tournoi – qu’il remporte – avec le petit doigt cassé. Car le plus important était ne “pas le décevoir”, explique Rafael Nadal. Il finira avec un plâtre pendant un mois. Il confie même qu’il “ressentait plus de pression lors des entraînements” que lors des matchs.
La série retrace évidemment les rivalités naissantes avec Roger Federer puis Novak Djokovic, de la manière dont Rafael Nadal a puisé dans celles-ci pour toujours repousser ses limites. Repousser le plafond de verre est devenu une mission encore plus tangible quand en 2005, on lui diagnostique le rare syndrome de Müller-Weiss au pied. Si la plupart des médecins lui prédisent une fin de carrière, l’Espagnol, lui, s’accroche à un espoir et parvient, à l’aide de semelles, à atteindre le plus haut niveau malgré tout.
La parole de son kiné, Rafael Maymo, qui se livre pour la première fois, apporte un regard nouveau sur la carrière du “taureau de Manacor”, dont le seuil de la souffrance acceptable est à peine imaginable. On y (re)découvre un homme dont l’anxiété fait partie de son quotidien, et où ses rituels au moment de servir le rassurent et lui donnent une sensation de contrôle, bien qu’il “détestait” se voir les exécuter.
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La révélation la plus marquante de ce documentaire est sûrement quand Rafael Nadal revient sur l’année 2013, où les blessures s’accumulent sur un corps déjà meurtri. Une seule chose l’aide alors à tenir et à remporter trois des quatre tournois sur terre auxquels il participe : les antidouleurs et anti-inflammatoires. Mais cette prise excessive de médicaments a laissé des traces : “Deux petites perforations dans l’intestin”, avoue Rafael Nadal. “Si je n’avais pas tenté le coup, peut-être que j’aurais dix Grands Chelems en moins, je ne parle pas d’un ou deux mais de dix ou douze”, lâche-t-il encore, réaliste.
Malgré la qualité du documentaire, dont la scénarisation reste fidèle à la carrière du joueur, le réalisateur passe très – trop – rapidement sur l’arrêt de la collaboration de Rafael Nadal et son oncle, Toni, qui l’a entraîné pendant près de 30 ans et avec qui il a constitué la majorité de son palmarès. Autre oubli majeur, sa défaite en huitièmes de finale de Roland-Garros en 2009, défait par Robin Söderling, qui a fait tomber le maître des lieux.
Le fil conducteur de l’année 2024 prend fin lors de la finale perdue à Bastad, contre Nuno Borges, où il prend conscience qu’il ne peut plus donner davantage, qu’il est épuisé, et annonce ainsi à ses proches sa décision de ranger la raquette, dans un message Whastapp fort en émotion. Après un dernier Roland-Garros, soldé par une défaite au premier tour face à Alexander Zverev, Rafael Nadal, dans un taxi parisien entouré de son fils et de sa femme, essaie lui-même de se convaincre : “Les 14 Roland-Garros seront plus durs à battre que les 22 Grands Chelems de Novak Djokovic.”





