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VIDÉO. Mission historique : lArmée de lair et de lespace décolle depuis Salon-de-Provence aux États-Unis

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Sous un soleil déjà bien installé, les regards étaient tournés vers le ciel ce mercredi 3 juin au matin à la base aérienne 701 de Salon-de-Provence. Familles, mécaniciens, militaires et invités ont assisté à un départ pas comme les autres. Dix Alphajet de la Patrouille de France, accompagnés d'un Airbus A400M Atlas et de 85 aviateurs, ont pris la direction des États-Unis pour la mission Liberté 250, vaste déploiement aérien organisé par l'Armée de l'air et de l'espace à l'occasion du 250e anniversaire de la déclaration d'indépendance des États-Unis.

Sur le tarmac, les proches des pilotes échangeaient un dernier câlin et un dernier signe de la main.
Sur le tarmac, les proches des pilotes échangeaient un dernier câlin et un dernier signe de la main. / PHOTO Frederic Speich

Quelques minutes avant le décollage, l'atmosphère mêlait excitation et émotion. Sur le tarmac, les proches des pilotes échangeaient un dernier câlin, un dernier signe de la main. Au cœur du dispositif, la Patrouille de France et ses dix Alphajet. À leurs côtés, l'Airbus A400M Atlas chargé d'assurer tout le soutien logistique de l'opération. Ensemble, ils traverseront l'Atlantique pour rejoindre la côte est des États-Unis où plusieurs rendez-vous mémoriels et démonstrations aériennes les attendent jusqu'au 5 juillet.

Le signe de cette mission, c'est vraiment l'hommage à des liens qui durent depuis 1776, explique le général Pierre Gaudillière, chef de la mission Liberté 250 pour l'Armée de l'air et de l'espace. C'est une mission de coopération car nous allons interagir avec nos partenaires américains lors de vols conjoints. C'est aussi une mission de projection, comme n'importe quelle opération aérienne. Nous avons répondu à une invitation des États-Unis. La France avait joué un rôle décisif dans leur indépendance. Cette mission repose sur trois piliers : mémoire, coopération et projection.”

Plusieurs escales techniques avant le 9 juin

Avant d'atteindre les États-Unis, les équipages devront accomplir une traversée minutieusement préparée. Le capitaine Brice, commandant de bord de l'A400M, détaille l'itinéraire prévu : “Nous allons faire plusieurs escales techniques. D'abord en France, puis en Écosse, en Islande, au Groenland, au Canada avant d'arriver aux États-Unis. Ces étapes permettent de ravitailler les appareils, de ménager les équipages et de soutenir le matériel.”

Le général Pierre Gaudillière, chef de la mission Liberté 250 pour l'Armée de l'air et de l'espace et le capitaine Brice, commandant de bord de l'A400M.
Le général Pierre Gaudillière, chef de la mission Liberté 250 pour l'Armée de l'air et de l'espace et le capitaine Brice, commandant de bord de l'A400M. / PHOTO Frederic Speich

À bord de l'Atlas, près de 20 tonnes de matériel accompagnent la Patrouille de France. “Nous transportons tout le matériel de maintenance ainsi que les pièces de rechange nécessaires au soutien des Alphajet. L'A400M représente toute la partie logistique de la mission. Nous sommes très fiers de ce que nous allons représenter durant ce déploiement“, souligne le commandant de bord. L'arrivée sur le sol américain est d'ailleurs prévue le 9 juin.

Au-delà de l'aspect opérationnel, la mission s'inscrit dans une histoire commune. Depuis le XVIIIe siècle, la France et les États-Unis partagent une relation unique. C'est pendant la guerre d'indépendance américaine que cette alliance s'est concrétisée : en 1778, la France devient le premier allié des insurgés américains, engageant ses forces aux côtés du général George Washington, commandant en chef de l'Armée continentale.

La victoire de Yorktown en 1781, où les troupes françaises et la marine jouèrent un rôle décisif en encerclant les forces britanniques, reste un symbole fort de cette coopération militaire. Plus tard, la Statue de la Liberté, offerte par la France en 1886, est devenue l'incarnation universelle des valeurs communes de liberté, d'égalité et de fraternité.

La mission Liberté 250 entend précisément rappeler cet héritage commun. Plusieurs survols symboliques sont programmés. Dès le 9 juin, les avions français évolueront au-dessus de la Statue de la Liberté à New York.

À bord de l'Atlas, près de 20 tonnes de matériel accompagnent la Patrouille de France.
À bord de l'Atlas, près de 20 tonnes de matériel accompagnent la Patrouille de France. / PHOTO Frederic Speich

Le 15 juin, la Patrouille de France participera aux commémorations de Yorktown, en Virginie, où l'intervention française fut déterminante dans la guerre d'indépendance. D'autres rendez-vous suivront à Ocean City, Patuxent River, Washington, Baltimore et de nouveau New York le 4 juillet, jour de l'Independence Day.

“Excité mais aussi un peu inquiet”

Les dix Alphajet engagés attireront particulièrement l'attention du public américain. Leurs dérives ont été spécialement décorées pour l'événement. Un côté reprend les couleurs du drapeau français, l'autre celles du drapeau américain. Au pied de ces décorations figurent plusieurs personnages emblématiques, parmi lesquels le marquis de La Fayette, George Washington ou encore Joséphine Baker.

Pour les pilotes de la Patrouille de France, cette mission représente un défi hors-norme. Le commandant Brice, leader de la saison 2026, ne cache pas son impatience : “Je suis excité mais j'ai aussi pas mal d'appréhension. Rien que la traversée jusqu'aux États-Unis représente quelque chose d'important. Et puis le passage au-dessus de la Statue de la Liberté sera forcément impressionnant. Nous aurons la responsabilité de porter les couleurs bleu-blanc-rouge dans un lieu chargé d'histoire.”

Quelques instants plus tard, les réacteurs se mettent en route. Les mécaniciens adressent un dernier salut aux équipages. Les familles lèvent les yeux vers les avions qui s'alignent progressivement sur la piste.

Puis vient le moment du décollage. Dans un bruit assourdissant, les Alphajet quittent le sol salonais les uns après les autres, bientôt suivis par l'imposant A400M. Direction les États-Unis et un mois de représentations destinées à rappeler l'histoire commune de ces deux pays qui continue aussi de s'écrire dans le ciel.