Kevin Veyssiere. K.V / DR
Que représente une première ou une deuxième participation au Mondial pour les pays concernés ?
Les situations…
Kevin Veyssiere. K.V / DR
Que représente une première ou une deuxième participation au Mondial pour les pays concernés ?
Les situations sont variées. Pour Haïti, l'État n'a plus véritablement les moyens de faire appliquer la loi sur son territoire. Ce qui implique que l'équipe n'a joué aucun match de qualification à domicile. Cette qualification permet de changer le regard sur ce pays, de donner une image plus positive le temps du Mondial, même si cela n'enlève pas toute l'actualité déplorable autour de lui, dont la pauvreté, l'activité des gangs. Ce sera aussi le cas pour la République démocratique du Congo, où il y a une ferveur populaire considérable car le pays attendait une qualification depuis cinquante ans, comme Haïti. C'est une parenthèse positive mais qui n'occulte pas la crise sanitaire liée à Ebola, la guerre…
Et pour Curaçao ?
C'est le cas le plus intéressant de mise en lumière. On ne connaît pas du tout cette petite île des Caraïbes d'à peine 150 000 habitants. C'est le Petit Poucet de la compétition, ce n'est même pas un pays en soi (il est membre du royaume des Pays-Bas, NDLR). Aucun autre événement médiatique que la Coupe du monde, puisqu'aux JO tous les pays sont représentés, ne donne cette possibilité de mettre en avant ses couleurs auprès de cinq milliards de spectateurs.
Le Mondial apporte à Curaçao une visibilité d'autant plus importante que son économie repose sur le tourisme, dans une région où la concurrence est forte. En revanche, il n'y a pas d'enjeu politique puisque ce territoire ne réclame pas l'indépendance, ce qui serait différent pour la Nouvelle-Calédonie ou le Groenland si ces territoires se qualifiaient.
La Russie et le Qatar avaient la volonté d'assouplir leur politique d'entrée. Les États-Unis restent dans le bras de fer »
L'équipe d'Iran a été obligée d'établir son camp de base au Mexique alors qu'elle dispute ses trois matchs aux États-Unis, la délégation, comme d'autres, est très surveillée, ciblée…
Le cas de l'Iran est atypique : c'est une première qu'une équipe doive jouer dans un pays avec lequel elle est en guerre. Plus globalement, la situation est inédite, car la Fifa essaie d'habitude de travailler avec le pays hôte pour qu'il assouplisse sa législation afin d'avoir une visibilité internationale favorable, que les touristes et des supporters renvoient et « vendent » une image positive. En Russie en 2018 et au Qatar en 2022, ces pays avaient une volonté d'assouplir leur politique d'entrée, notamment pour la Russie, avec un visa spécial le temps de la compétition.
Pour les États-Unis, ce n'est pas du tout le cas, tout reflète la politique du pays vis-à -vis du monde et ce que met en place Donald Trump, c'est-à -dire un rapport de force permanent. Les autres doivent se conformer à son bras de fer, aux règles américaines, pas l'inverse.
Il n'y a pas de trêve, comme pendant les Jeux olympiques…
Il n'y a pas de bulle sportive ou de pause le temps du Mondial, comme on peut le voir avec la politique des visas, avec la garde à vue du joueur irakien aux États-Unis, cet arbitre officiel somalien de la Fifa refoulé à l'entrée après onze heures d'interrogatoire. C'est une première, car on a connu par le passé une Fifa beaucoup plus dans la recherche de solutions en amont pour que le débat ne soit pas politisé avant la compétition.
« On verra si la Fifa se conformerait à des exigences extravagantes que pourrait avoir Trump »
Pourquoi ce changement d'attitude de la Fifa ?
On peut se demander pourquoi elle a tant manqué d'anticipation. Ou bien penser, c'est ce que je crois, que son président Gianni Infantino suit la ligne de Donald Trump. Parce que c'est la première puissance mondiale et qu'Infantino idolâtre son président. On verra si la Fifa se conformera à des exigences extravagantes que pourrait avoir Trump.
De quoi peut-il s'agir ?




