Selon Mme Thai Quynh Mai Dung, membre permanente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, la mise en Å“uvre de la résolution n° 06-NQ/TW témoigne d’une évolution significative de la politique étrangère vietnamienne. Mme Thai Quynh Mai Dung estime que ce changement radical vers une « diplomatie au service du développement » constitue un tournant stratégique, transformant la politique étrangère d’un simple outil de soutien politique en un véritable moteur de croissance.
Dans un contexte de fluctuations mondiales, cette approche permet au Vietnam d’élargir son espace de développement, d’intégrer étroitement ses relations extérieures à son développement socio-économique, de tirer pleinement parti des accords de libre-échange (ALE), d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) de qualité et de faciliter les transferts de technologie. Parallèlement, elle harmonise les infrastructures, la logistique, la chaîne d’approvisionnement et les initiatives de finance verte ; elle renforce la position du Vietnam dans la chaîne de valeur mondiale ; et elle crée de manière proactive un environnement pacifique et stable permettant au pays de se concentrer sur le renforcement de ses ressources nationales et de répondre à la concurrence des grandes puissances.
Cela jette les bases d’une croissance durable, permettant de concrétiser les aspirations au développement, d’atteindre les objectifs stratégiques fixés par le 14e Congrès national et de conduire le pays de manière constante vers une ère de progrès national.
En réalité, le potentiel d’exploitation des ressources issues de l’intégration internationale, de la diplomatie économique, de la diplomatie scientifique et technologique et des accords de libre-échange de nouvelle génération demeure considérable. Toutefois, selon Mme Dung, la transformation des avantages externes en ressources concrètes pour le développement socio-économique n’a pas été à la hauteur des attentes, en raison d’une faible capacité d’absorption technologique. Bien que le Vietnam attire de nombreux investissements directs étrangers (IDE), ceux-ci se concentrent principalement dans les secteurs de l’assemblage et de la transformation à forte intensité de main-d’Å“uvre, et le taux de transfert des technologies clés ainsi que l’intégration des entreprises nationales aux chaînes d’approvisionnement mondiales restent faibles.
Par ailleurs, le recours aux accords de libre-échange (ALE) s’est avéré inefficace, les exportations étant principalement composées de produits transformés et de matières premières. Le respect des règles d’origine, des normes environnementales (CBAM, réglementations anti-déforestation) et des mesures de défense commerciale dans les ALE de nouvelle génération demeure un défi ; les infrastructures et les ressources humaines font défaut : les coûts logistiques sont élevés et l’infrastructure numérique n’est pas encore pleinement opérationnelle. Les ressources humaines hautement qualifiées dans les secteurs des semi-conducteurs, de l’intelligence artificielle et des technologies vertes ne répondent pas encore aux exigences des principaux investisseurs.
Dans son analyse des causes, Mme Dung a avancé que les capacités internes des entreprises vietnamiennes sont faibles, la plupart étant des PME, manquant de capitaux, dotées de technologies obsolètes et ne menant pas d’études de marché proactives. La coordination intersectorielle est insuffisante, avec un manque de lien efficace entre la diplomatie (identification des opportunités) et les ministères, les collectivités locales et les entreprises (mise en Å“uvre). Les réformes institutionnelles progressent lentement : les procédures administratives restent lourdes et la transposition des engagements internationaux dans le contexte national est parfois incohérente.
Afin que les relations extérieures ne se contentent pas d’ouvrir la voie, mais deviennent véritablement un moteur de développement, Mme Thai Quynh Mai Dung a souligné qu’il est primordial de jouer un rôle de pionnier dans le maintien d’un environnement pacifique et stable et dans la création d’une situation internationale favorable au pays. Les relations extérieures doivent également devenir un moteur d’ouverture de nouvelles perspectives de développement, étroitement liées au processus de développement socio-économique, contribuant ainsi à attirer des ressources et des conditions favorables de l’extérieur pour un développement rapide et durable.
En outre, nous devons participer activement et contribuer de manière responsable à la résolution des problèmes communs de la communauté internationale ; renforcer notre rôle et notre position dans les mécanismes multilatéraux ; tirer parti de notre influence culturelle, en élevant notre position nationale à la hauteur de notre importance historique et de notre identité nationale ; et bâtir une diplomatie globale, moderne et professionnelle, à la hauteur des enjeux stratégiques de la nouvelle ère.
Selon le Dr Dao Ngoc Bau, directeur de l’Institut de politique et de relations internationales (Académie nationale de politique d’Hô Chi Minh), l’expansion des relations diplomatiques ne consiste pas à « se faire plus d’amis » en général, mais à attirer des capitaux de qualité, des marchés stables et des opportunités de participer plus profondément aux chaînes d’approvisionnement, directement liées à des industries, des régions et des projets clés spécifiques.
Le Dr Dao Ngoc Bau a souligné que la diplomatie scientifique et technologique doit ouvrir des canaux de coopération en matière de recherche, d’innovation et de transfert de technologie dans des domaines clés tels que l’économie numérique, l’intelligence artificielle et les énergies propres, transformant ainsi les « relations » en capacités technologiques concrètes et en ressources humaines de qualité pour le Vietnam.
Selon le Dr Bau, en matière d’intégration internationale, il ne s’agit pas uniquement de multiplier les participations et les accords, mais plutôt de mettre en Å“uvre efficacement les priorités de développement national. Chaque engagement d’intégration doit être conçu et mis en Å“uvre de manière à créer davantage de marge de manÅ“uvre politique et commerciale, et à stimuler l’innovation pour les entreprises et les collectivités locales, plutôt que de se concentrer uniquement sur les aspects diplomatiques.
Le Dr Dao Ngoc Bau a déclaré que, pour moderniser la diplomatie vietnamienne dans le nouveau contexte, trois axes de développement prioritaires doivent être privilégiés. Premièrement, il est nécessaire d’innover en matière d’organisation et de mécanismes de travail. Un mécanisme de coordination des affaires étrangères véritablement unifié et intégré doit être mis en place, du niveau central au niveau local, afin de garantir que la voix des affaires étrangères soit entendue dès les phases de planification stratégique, d’élaboration des politiques et de développement.
Le besoin actuel porte sur une équipe de diplomates dotés de convictions politiques fortes, d’une maîtrise des langues étrangères, du droit et des pratiques internationales, et d’une connaissance approfondie de l’économie, des sciences et technologies, de la culture et de la société. Pour y parvenir, il est nécessaire d’innover dans les processus de sélection, de formation, de perfectionnement, de mobilité et d’évaluation, en associant étroitement les critères d’intitulé de poste aux compétences requises dans un environnement international complexe. Parallèlement, des mécanismes et des méthodes plus souples doivent être mis en Å“uvre afin d’attirer des profils hautement qualifiés issus des instituts de recherche, des universités et des entreprises vers les affaires étrangères.
Par ailleurs, la diplomatie moderne est indissociable de l’utilisation des mégadonnées, des outils analytiques et des plateformes numériques pour la collecte et le traitement de l’information, l’élaboration de scénarios et le conseil en matière de politiques publiques. Il est indispensable d’investir dans la création de centres d’analyse et de prévision, et de tisser des liens étroits entre les ministères des Affaires étrangères et les réseaux de chercheurs et d’experts nationaux et internationaux. Dans le même temps, les responsables des affaires étrangères doivent acquérir les compétences nécessaires pour évoluer dans un environnement numérique et se montrer plus proactifs face aux nouveaux défis tels que les médias sociaux, la désinformation et la cybersécurité.
Il apparaît clairement que la résolution n° 06-NQ/TW n’établit pas seulement l’exigence de promouvoir le rôle pionnier des affaires étrangères dans la protection de la Patrie dès le début et à distance, mais ouvre également une nouvelle perspective de développement : les affaires étrangères doivent contribuer directement à créer une dynamique de croissance.
Toutefois, pour que les avantages de l’intégration internationale se traduisent concrètement en ressources, il est essentiel non seulement de développer les relations extérieures, mais aussi de renforcer les capacités endogènes de l’économie. Les ressources extérieures ne peuvent être utilisées efficacement que si elles s’accompagnent de la capacité d’assimilation technologique, de ressources humaines qualifiées, d’infrastructures modernes et d’un environnement institutionnel transparent.
Autrement dit, dans cette nouvelle ère de développement, la politique étrangère a pour mission non seulement de « préparer le terrain », mais aussi de contribuer à « mener la voie » à la croissance. Cependant, pour que cette voie atteigne son but, le facteur déterminant demeure la vigueur interne de l’économie et sa capacité à transformer les avantages de l’intégration en compétitivité nationale.
Source : https://baotintuc.vn/thoi-su/khang-dinh-loi-the-doi-ngoai-tu-suc-manh-noi-sinh-20260613093305944.htm




