À l'approche de la saison estivale tout est fin prêt, dans les campings de l'Est-Var, pour accueillir les vacanciers. Et l'été à venir se présente bien : « On relève une hausse générale de la fréquentation. Les clients viennent aussi chez nous parce que c'est moins cher. À l'heure actuelle, il y a de très bon prix par rapport à l'hôtellerie ou aux locations d'appartements. Les gens cherchent à être plus en liberté, notamment pour les enfants » souligne Michel Nore, président du syndicat de l'hôtellerie de plein air du Var.
Nerf de la guerre, le coût des vacances pèse aussi dans la balance, « notamment le tarif de l'alimentaire. Commerces comme supermarchés, beaucoup de personnes me disent que c'est très cher, c'est vraiment la partie bloquante ! » rapporte Michel Nore. Même au restaurant du camping, « les gens ne vont souvent plus qu'une fois au restaurant, soit en tout début, soit en toute fin de séjour. Ils y allaient au moins deux fois auparavant » ajoute-t-il.

Alors forcément les activités extérieures sont, elles aussi, revues à la baisse. « On constate que les gens ont tendance à beaucoup moins bouger. Les sorties pour aller visiter les gorges du Verdon sont en très forte baisse par exemple. Les gens ont plutôt tendance à rester à l'intérieur du camping, ils vont aux piscines, ils vont aux spectacles, ils vont aux animations, ils vont au club enfant Mais ils ne vont pas faire des sorties diverses et multiples comme ils le font d'habitude. On le voit dans le nombre de voitures qui sortent et qui rentrent tous les jours, ça a diminué d'au moins 30 % ! » explique le président du syndicat de l'hôtellerie de plein air du Var.
Fréquentation européenne sur courts séjours
Au sein des campings de l'Est-Var, les grands ponts du mois de mai ont dessiné une tendance pour de courts séjours « de trois ou quatre jours. Il y a peu de séjours d'une semaine à dix jours, c'était davantage le cas au mois d'avril avec les étrangers qui étaient en nombre plus important que d'habitude. On voyait des Allemands, des Belges, des Hollandais qui sont descendus passer leurs vacances au soleil après tout le mauvais temps qu'ils ont eu pendant l'hiver. Et ce n'est pas le prix du carburant qui les a freinés ! » détaille Michel Nore.
Pour les mois de juillet et août, les réservations ont pris un peu d'avance. Et le président du syndicat de l'hôtellerie de plein air du Var de préciser : « Cela s'explique par deux phénomènes. La demande de location linéaire par les tours operators s'est traduite par une demande plus forte de mobile-homes et d'hébergement que les autres années. Ça nous met assez fortement en avance sur le chiffre d'affaires. Mais on a aussi de l'avance dans les locations directes. »
Alors les établissements font le plein. « Au mois d'août, beaucoup de campings sont pratiquement complets, se réjouit Michel Nore, il reste encore de la place sur le mois de juillet mais ça se remplit notamment avec les clients de dernière minute qui réservent en fonction de la météo prévue. Beaucoup de séjours d'une semaine voire quinze jours. Parfois trois semaines mais ça devient rare. »
Conjoncture difficile
Avec une inflation à 3.4 % en 2026 à l'échelle nationale, « les locations de petits bateaux, de kayaks, de pédalos ou de planches à voile sont revues à la baisse pour les clients. Alors je comprends qu'il y a des taxes qui nous tombent dessus, des frais supplémentaires, des salaires qu'on est obligés d'augmenter un peu, ça fait un peu rogner sur la marge mais si on augmente aujourd'hui les tarifs de façon trop forte, le chiffre d'affaires va s'en ressentir et la marge elle est en fin de saison ! En moyenne, l'augmentation des tarifs dans les campings ne dépasse pas 3 %, et se situe généralement entre 2 et 2.5 % » glisse le président du syndicat de l'hôtellerie de plein air du Var.
Entre l'hantavirus qui s'est immiscé sur certains bateaux de croisière et le climat géopolitique, les campings tirent leur épingle du jeu. « Ça pousse à ne pas prendre le bateau. On a eu des gens qui ont renoncé à faire un séjour pour faire le tour de la Méditerranée, ça a rapatrié des gens vers nous pour passer les vacances. La guerre en Ukraine et dans le Golfe n'incite pas les gens à prendre l'avion pour aller loin ! » relève Michel Nore. Une clientèle aisée a donc, cette année, jeté son dévolu sur l'hôtellerie de plein air. Des atouts pour réaliser une saison intéressante.
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Agay Soleil fin prêt pour la saison

Photo Clément Tiberghien
Au détour des allées arborées de pins majestueux, le camping Agay Soleil se dévoile. Vue mer imprenable, site en bord de plage, l'établissement familial ne manque pas d'atouts. Après un mois d'avril fructueux, la clientèle s'est faite un peu plus discrète. « Comparé au planning de l'année dernière il y a des trous. On a également beaucoup plus de demandes de courts séjours. Nous avons beaucoup d'Allemands, et un peu plus de Français qu'à l'accoutumée. Avec l'inflation, ne pas sortir du pays a peut-être été privilégié par certains clients. Nous avons également des Hollandais en ce moment. Les Anglais et les Italiens viennent davantage en juillet et août » explique Adrien Maurisse, directeur de l'établissement.
Après ce creux, « en juin, on sent qu'il y a plus de monde et que la clientèle est bien arrivée. De juillet à septembre, ce sont toujours de bons mois ! Malgré l'inflation, nous avons contenu l'augmentation en passant de 24 à 25 euros la nuitée. Il ne faut pas trop monter les prix, on est dans un camping et certaines personnes ont un budget restreint » souligne Adrien Meurisse. En tente, en camping-car, en mobile-home ou en chalet, la saison de l'hôtellerie de plein air est prête à prendre son envol.






