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Diplomatie économique : libérer des ressources, créer de nouvelles opportunités de développement.

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Suite à la résolution 59-NQ/TW du 24 janvier 2025 relative à l’intégration internationale dans le nouveau contexte, la résolution 06-NQ/TW du 19 mai 2026, portant sur la mise en Å“uvre des orientations de politique étrangère du XIVe Congrès national du Parti, réaffirme la vision stratégique du Vietnam dans cette nouvelle ère de développement. Cette résolution définit la nécessité de développer des relations extérieures à la hauteur du statut historique, culturel et national du pays, tout en encourageant une approche plus proactive de l’intégration, de la diplomatie économique et de la protection des intérêts nationaux.

À ce sujet, un journaliste du journal Industry and Trade s’est entretenu avec M. Pham Quang Vinh, ancien vice-ministre des Affaires étrangères .

Diplomatie économique : libérer des ressources, créer de nouvelles opportunités de développement.

M. Pham Quang Vinh – ancien vice-ministre des Affaires étrangères.

De l’intégration à la création des règles du jeu.

Monsieur, la résolution n° 06-NQ/TW a été adoptée pour mettre en œuvre les orientations de politique étrangère du XIVe Congrès du Parti. Quelle est, selon vous, la portée stratégique de cette résolution dans un monde en pleine mutation et marqué par une intense concurrence stratégique ?

M. Pham Quang Vinh : La politique étrangère du Vietnam dans la nouvelle ère doit s'inscrire dans la stratégie nationale globale de développement, en vue d'atteindre les objectifs fixés pour 2030 et 2045. Toutes les activités de politique étrangère et d'intégration internationale doivent servir directement l'objectif d'un développement rapide et durable et le renforcement de la position du pays dans cette nouvelle ère.

En conséquence, la politique étrangère poursuit deux objectifs majeurs. Premièrement, consolider, maintenir et développer un climat de paix, de stabilité et de coopération dans la région et dans le monde, créant ainsi des conditions favorables au développement national. Deuxièmement, soutenir activement les avancées du développement vietnamien dans une direction plus qualitative, plus durable et davantage conforme aux intérêts nationaux.

Le Vietnam a parcouru un long chemin en matière d’intégration internationale, passant de la simple participation à des initiatives communes et de la collaboration avec d’autres pays à une situation où il dispose des capacités et de la position nécessaires pour bâtir conjointement les fondements d’une intégration réussie. Cela implique de créer un environnement de paix, de stabilité et de développement coopératif, de multiplier les opportunités de coopération et de participer à l’élaboration de règles communes conformes aux intérêts du Vietnam et à ceux de la communauté internationale.

Dans le domaine économique, le nouvel esprit constructif exige que les relations extérieures élargissent le champ du développement, créent de nouveaux marchés et attirent plus efficacement les investissements. Le Vietnam a actuellement besoin de flux de capitaux durables et de qualité, liés à la transition écologique, à l’innovation et à la technologie.

Dans un contexte mondial instable, l’intégration économique doit contribuer à renforcer les chaînes d’approvisionnement durables et à améliorer la capacité de faire face aux aléas du commerce international. Conformément aux résolutions 59 et 06, la politique étrangère doit se montrer plus proactive afin de créer des opportunités et de nouveaux espaces de développement pour le pays.

La résolution appelle à passer de « l'intégration des marchés » à la « création de marchés », de la « participation aux règles du jeu » à la « contribution à l'élaboration des règles du jeu ». Fort de ses années d'expérience en diplomatie multilatérale et en relations avec les grandes puissances, que suggère-t-il au Vietnam pour éviter d'être pris au dépourvu par les nouvelles règles du jeu concernant le commerce numérique, les normes environnementales, les données, l'IA et les chaînes d'approvisionnement ?

M. Pham Quang Vinh : Il y a deux aspects à considérer. D'abord, l'héritage et la continuité. Ce n'est pas que nous n'ayons pas créé de marchés ou établi de règles du jeu par le passé, mais auparavant, compte tenu des capacités et de la position limitées du Vietnam, nous n'étions pas en mesure de prendre l'initiative de manière plus favorable au Vietnam et à la coopération internationale. Désormais, le Vietnam doit être plus proactif, plus fort et viser une meilleure qualité.

Nous devons créer et développer activement de nouveaux marchés, tant nationaux qu’internationaux. Il est important de souligner qu’il s’agit de créer de nouveaux marchés, et non simplement de les trouver. Nous avons déjà exploré les marchés Asie-Pacifique, Europe et Amérique du Nord. Récemment, le Vietnam s’est implanté en Amérique latine, au Moyen-Orient et dans certaines régions d’Afrique. Ces zones nécessitent un développement plus poussé.

Plus important encore, conformément aux nouvelles orientations, et outre l’expansion horizontale, nous devons créer des segments à plus forte valeur ajoutée dans la chaîne d’approvisionnement afin que le Vietnam puisse y participer plus activement. Nous mettons actuellement en Å“uvre 17 accords de libre-échange avec les principales économies mondiales, représentant 90 % du PIB mondial, ce qui constitue un fondement essentiel.

Le défi consiste à permettre au Vietnam de participer au segment haut de gamme, en proposant des produits de meilleure qualité et en tirant pleinement parti de ses atouts concurrentiels pour pénétrer des marchés exigeants comme l’Europe, l’Amérique du Nord ou les pays développés d’Asie. Le Vietnam a encore beaucoup de chemin à parcourir et ne peut se contenter d’allégements fiscaux. Il est clair que pour s’implanter plus profondément sur ces marchés, il doit miser sur la qualité, la durabilité et une compétitivité globale, et non pas seulement sur les prix.

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Tirer parti du rôle pionnier de la politique étrangère pour créer une situation internationale favorable au pays.Note de la rédaction : Le 11 juin, à l'Assemblée nationale, le Bureau politique et le Secrétariat du Comité central du Parti communiste vietnamien ont tenu une conférence nationale afin d'étudier, de comprendre et de mettre en œuvre la résolution n° 06-NQ/TW du Bureau politique, en date du 19 mai 2026, relative à la mise en œuvre de la politique étrangère du XIVe Congrès national du Parti. Le secrétaire général et président To Lam y a participé et a prononcé un discours d'ouverture. Le journal « Les représentants du peuple » reproduit fidèlement le texte intégral de ce discours.
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L'ambassadeur Pham Quang Vinh, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, répond aux questions d'un journaliste du quotidien Industrie et Commerce. Photo : Thai Manh

L’ambassadeur Pham Quang Vinh, ancien vice-ministre des Affaires étrangères, répond aux questions d’un journaliste du quotidien Industrie et Commerce. Photo : Thai Manh

Deuxièmement, le marché intérieur revêt une importance capitale. À l’avenir, il devra attirer des investissements étrangers de meilleure qualité, afin de constituer un écosystème de chaînes d’approvisionnement et de services logistiques interconnectés. Les investisseurs étrangers peuvent être le moteur de divers secteurs manufacturiers, à valeur ajoutée et industriels. Toutefois, la force du tissu économique national doit s’intégrer pleinement à cet écosystème. Les entreprises vietnamiennes doivent participer à la fourniture de services, de biens et de conditions favorables pour que les produits fabriqués portent à la fois le nom de l’entreprise étrangère et la marque du Vietnam lors de leur exportation.

Sur le marché intérieur, un autre enjeu est que le renforcement des capacités des entreprises doit s’accompagner d’une augmentation du pouvoir d’achat de la société vietnamienne. Cela permettra d’accroître considérablement les possibilités de développement, même au sein d’un pays de 100 millions d’habitants. Si 100 millions de personnes consomment à un niveau très faible, le marché restera restreint ; en revanche, si la consommation augmente fortement, la taille du marché se multipliera en conséquence.

Par conséquent, l’enjeu principal est que le Vietnam exploite de manière proactive ses ressources nationales et internationales dans un secteur plus durable et de meilleure qualité. Parallèlement, le processus de réforme et d’intégration doit s’accompagner d’un renforcement des capacités endogènes et d’une amélioration de la productivité du pays.

Actuellement, nous concentrons nos efforts sur de nouvelles résolutions qui créent de nouveaux moteurs de croissance au Vietnam même. Cela permet au Vietnam de s’intégrer plus profondément à la communauté internationale tout en renforçant sa capacité d’intégration dans cette nouvelle phase de développement.

Renforcer l’économie

La sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, la sécurité des chaînes d’approvisionnement et la sécurité technologique sont de plus en plus liées à la politique étrangère. Selon vous, comment concevoir une diplomatie économique qui serve simultanément le développement et l’autonomie stratégique ?

M. Pham Quang Vinh : La politique étrangère actuelle doit s'inscrire dans la continuité des objectifs de développement du pays. Parallèlement, elle doit répondre aux exigences des réformes économiques internes au Vietnam. S'inscrire dans cette continuité implique de connaître les besoins du pays et de comprendre les impératifs de développement à l'horizon 2030 et 2045. Dès lors, la politique étrangère doit rechercher des opportunités de coopération à l'étranger, explorer les ressources potentielles à l'international pour répondre aux besoins nationaux et élaborer des projets de coopération concrets et substantiels.

Dans le discours du secrétaire général et président To Lam (lors de la Conférence nationale sur l’étude, la compréhension et la mise en Å“uvre de la résolution n° 06-NQ/TW du Politburo sur la mise en Å“uvre de la politique étrangère du 14e Congrès du Parti, le 11 juin – PV), un point très pertinent a été soulevé : nous devons tirer parti des avantages dont nous disposons dans nos relations politiques avec d’autres pays pour les transformer en projets de coopération mutuellement bénéfiques et efficaces.

Le Vietnam entretient actuellement des partenariats avec plus de 40 pays, dont 15 partenaires stratégiques globaux. Si ces cadres politiques se traduisent par des projets de coopération concrets, ils créeront une valeur considérable. Plus important encore, ces projets de coopération doivent contribuer directement aux grandes avancées économiques du Vietnam, à l’aube d’une nouvelle ère, telles que l’innovation, la transformation numérique et la transition écologique. Si tel est le cas, l’efficacité des relations extérieures du pays atteindra un niveau supérieur.

Par conséquent, la capacité des relations extérieures dans la période à venir devra se manifester par leur aptitude à relier les besoins de développement national aux ressources, marchés, technologies et opportunités de coopération à l’étranger. Les relations extérieures ne devront pas se limiter à l’expansion des relations, mais aussi contribuer à l’obtention de résultats concrets en matière de développement.

Pour que la politique étrangère atteigne cet objectif, elle ne peut reposer uniquement sur la responsabilité du secteur diplomatique ; une coordination globale entre les ministères, les agences et les instances politiques, économiques et administratives nationales est indispensable. Ces acteurs doivent coopérer étroitement afin de garantir une communication fluide entre les affaires intérieures et extérieures. Ce n'est qu'à cette seule condition que la politique étrangère pourra véritablement et efficacement répondre aux nouveaux besoins de développement du pays.

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Le Vietnam a l’opportunité de s’intégrer davantage aux chaînes d’approvisionnement régionales et mondiales. Selon vous, que faut-il faire pour que le Vietnam dépasse son rôle de simple destination des flux de capitaux et devienne progressivement un maillon à forte valeur ajoutée dans les secteurs de l’industrie, de la logistique, des semi-conducteurs et des technologies vertes ?

M. Pham Quang Vinh : Il est essentiel de comprendre que l'évolution actuelle des chaînes d'approvisionnement et des flux d'investissement est étroitement liée à deux caractéristiques. Historiquement, les investissements ont eu tendance à se diriger vers les régions les plus rentables et les plus favorables. Les investisseurs privilégieront les sites offrant un meilleur potentiel de production et d'exploitation.

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Toutefois, dans un contexte de concurrence géopolitique croissante, le risque de rupture des chaînes d’approvisionnement peut engendrer des risques considérables. De ce fait, un second discours se dessine clairement : la sécurité économique, l’économie étant désormais indissociable de la sécurité nationale. Les investisseurs privilégient les pays considérés comme fiables et amicaux, capables de diversifier leurs risques plutôt que de les concentrer excessivement sur un seul site.

Le Vietnam doit donc tirer parti de ces deux tendances. Pour ce faire, il est primordial de créer un environnement d’investissement optimal pour les investisseurs, les entreprises et les sociétés. Ensuite , le Vietnam doit renforcer les capacités internes de son économie afin de mieux absorber les flux d’investissement. Une faiblesse de ces capacités internes nous empêchera de saisir les opportunités offertes par les mouvements de capitaux, notamment les capitaux de haute qualité. Enfin, une transformation profonde s’impose pour attirer de nouveaux investissements de meilleure qualité, fondés sur l’innovation, la science et la technologie. Cette orientation est clairement définie par le Parti et l’État.

Pour satisfaire à cette exigence, il convient de se concentrer sur trois groupes de problèmes.

Premièrement, les lois et les politiques doivent favoriser la science, la technologie et l’innovation. Le système institutionnel doit être suffisamment ouvert, flexible et prévisible pour encourager de nouveaux modèles de développement.

Deuxièmement, nous devons garantir l’infrastructure nécessaire au développement technologique. Cette infrastructure englobe différents types d’infrastructures : numérique, énergétique, de transport et autres plateformes essentielles… Ces infrastructures doivent répondre aux nouvelles exigences de développement de l’économie.

Troisièmement, nous devons préparer une main-d’Å“uvre adaptée à cette nouvelle phase. Avec la transition de l’économie vers un modèle davantage axé sur l’innovation et la technologie, les exigences envers les travailleurs évoluent considérablement. Le Vietnam ne peut plus se reposer uniquement sur le faible coût de la main-d’Å“uvre comme par le passé, mais doit développer une main-d’Å“uvre qualifiée, adaptable et capable de participer à des chaînes de valeur à plus forte valeur ajoutée.

Merci beaucoup, monsieur !

En 2025, les agences de représentation vietnamiennes à l’étranger ont mis en Å“uvre près de 500 activités de diplomatie économique, promouvant le commerce, l’investissement et le tourisme ; ont soutenu les collectivités locales dans l’organisation de plus de 150 activités de promotion du commerce et des investissements au niveau national et international ; et ont aidé les provinces et les villes à signer environ 100 accords avec des partenaires internationaux.

Source : https://congthuong.vn/ngoai-giao-kinh-te-khoi-thong-nguon-luc-kien-tao-khong-gian-phat-trien-moi-461221.html