C’est une première ! L’armée de l’air espagnole va transformer l’un de ses A400M en bombardier d’eau. Pour la saison des feux qui débute, elle va utiliser le kit de lutte anti-incendie développé par Airbus. L'avion de transport militaire sera ainsi en mesure de larguer quelque 20 000 litres d'eau ou de retardant, trois fois plus que les Canadair. Â
Avec près de 400 000 hectares partis en fumée en 2025, l'Espagne a décidé cette année d'employer les grands moyens. Pour la première fois, l'armée de l'air espagnole va tester l'un de ses quatorze Airbus A400M en version bombardier d'eau. Il sera opéré durant tout l'été en complément de sa flotte d'avions amphibies.
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Depuis 2022, l'avionneur européen a en effet développé un kit amovible de lutte anti-incendie pour son avion de transport militaire. Installé dans la soute de l'appareil, il comprend un réservoir de 20 000 litres et un grand tuyau qui permet de larguer l'eau ou le retardant via la rampe arrière de l'appareil. Malgré cette capacité de largage trois fois supérieure à celle des Canadair CL-415 utilisés, entre autres, par la Sécurité civile française, aucune nation cliente de l'A400M n'a pour l'heure acheté ce kit.
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Une première pour un opérateur d'A400M
Si de nombreux essais ont déjà  été réalisés par Airbus et par le Centre d'essais et de recherche français (CEREN), c'est la première fois qu'un opérateur de l'A400M va tester ce kit, sur l'un de ses appareils, en conditions opérationnelles. Il s’agit là d’une occasion rêvée pour la division Défense de l’avionneur de démontrer tout le potentiel de son système. “Entre les qualités intrinsèques de l'avion et la simplicité de l'intégration du kit à bord de l'avion, puisqu'il n'y a aucune connexion, nous sommes très confiants. Après, est-ce qu'ils seront satisfaits du résultat ? On verra bien”, lâche Louis Pena, conseiller défense aux affaires publiques chez Airbus.

La complexité du système français
La France pourrait-elle, à son tour, se jeter à l'eau ? Rien n’est moins sûr, car dans l’Hexagone la lutte anti-incendie est gérée par la Sécurité civile et les A400M tricolores appartiennent à l’armée de l’air. Ces deux entités bien distinctes doivent donc avoir la même volonté et se coordonner, ce qui complique la tâche. De l’autre côté des Pyrénées, le fonctionnement est bien différent. “En Espagne, les pompiers du ciel appartiennent à une unité de l'armée de l'air, donc ils ont à la fois : l'avion, les équipages et cette mission qui leur incombe… C’est plus simple”, explique Louis Pena.
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En dédiant une partie de ses vingt-cinq A400M à la lutte contre les incendies durant la période estivale, la France pourrait économiser plusieurs millions d’euros chaque année. De juin à septembre, l’État renforce en effet sa flotte de Canadair CL-415 et de Dash 8, vingt appareils au total, en louant une quinzaine d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau. L’été 2026 n’échappera pas à la règle… C’est ce qui arrive quand on nage entre deux eaux.





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