Le Stade Toulousain a acquis sa place en finale de Top 14 en écrasant le Racing 92 (71-17). Performance magistrale d’un côté, invisibilité de l’autre… Découvrez les tops et les flops de RMC Sport.
Deux équipes, deux ambiances dans le vestiaire. Opposés en demi-finale de Top 14 ce vendredi soir au Vélodrome de Marseille, le Stade Toulousain a étrillé le Racing 92 (71-17), qui n’a pas trouvé les armes, contrairement aux Toulousains qui se sont montrés plus que solides dès les premières minutes. Après la victoire stadiste, RMC Sport vous présente ses coups de coeur et ses coups de gueule.
Les tops
Dupont redevenu SuperDupont
Comme une prémonition, Antoine Dupont s’est entraîné ce jeudi avec un maillot du TFC floqué ET. L’extra-terrestre a bien fait son retour sur la pelouse du Vélodrome. Le numéro 9 qui n’avait plus joué depuis le 9 mai (déjà à Marseille contre Toulon) a sorti une prestation majuscule, a fait taire les critiques et éteint les doutes. Une première mi-temps notamment où il a sorti toute sa panoplie: passe au pied décisive pour Teddy Thomas, accélération derrière les rucks pour l’essai de Cros, des jeux au pied d’occupation dans le couloir des 5m parfaitement exécutés, un ruck contre trois joueurs du Racing amenant l’essai de Willis, des passes dans le dos. A l’arrivée, des statistiques folles: 49 passes, 4 défenseurs battus, un franchissement, 82m parcourus, une passe décisive et un essai. Sorti à la 51e minute sous les acclamations du public.Â
Le jeu au pied de Ntamack
L’absence de Thomas Ramos est un vrai coup dur pour Toulouse mais le Stade a un autre buteur de classe internationale dans ses rangs, avec son numéro 10 Romain Ntamack. 9 sur 9 face aux perches avec notamment quelques transformations en coin. L’ouvreur en est à 34 coups de pied consécutifs réussis (Parra détient toujours le record avec 48). Il a laissé Kinghorn prendre le relais au 9e essai. Et en plus d’avoir été très propre au pied, il a parfaitement animé sa ligne de trois-quarts avec notamment beaucoup de jeu dans le dos pour aller chercher rapidement les couloirs. Sans oublier cette chistera à la 75e pour Kinghorn qui amène l’essai de Capuozzo.Â
La performance des tauliers
Willis, Meafou, Cros, Mauvaka, Thomas… Les cadres se sont mis dans les pas de la charnière et ont sorti une performance internationale. Willis, le capitaine, a su gratter des ballons comme toujours et s’est même offert une percée sur plus de 30m (107m parcourus en tout), le tout ponctué par un essai. Meafou a fait du Meafou: du brutal. Lancé à cinq mètres de la ligne d’essai, il a inscrit le troisième essai rouge et noir. En défense il a fait mal aussi avec ses plaquages puissants. Teddy Thomas continue de se régaler dans cette équipe avec ses 12e et 13e essais de la saison, toujours bien servi par Antoine Dupont. Mauvaka, titularisé pour la cinquième fois de la saison, a lui aussi sorti un grand match qu’il a terminé en troisième ligne. Il a également marqué son essai. Cros a rassuré tout le monde. 80 minutes pleine avec ce travail de l’ombre toujours aussi précieux pour permettre des libérations rapides.
Dans son jardin au Vélodrome
Le Toulouse de Claude Nougaro a résonné à de nombreuses reprises dans les enceintes du stade Vélodrome pour le plus grand plaisir du public rouge et noir. On ne voyait d’ailleurs que ces deux couleurs dans le stade. Ils étaient au moins 30.000 au Vélodrome pour mettre l’ambiance et accompagner la démonstration du Stade, qui a pris ses aises à Marseille. Victoire contre Toulon 51-27 en mai dernier, 50 à 16 contre Toulon il y a un an, sans oublier la finale 2024 contre Bordeaux 59-3
Les flops
Le suspense tué en 20 minutes, défaite historique pour le Racing
Les supporters rouge et noir se sont régalés, les amateurs de suspense beaucoup moins… Si le Racing a inscrit les premiers points de la rencontre, sur une pénalité d'Antoine Gibert, Toulouse menait déjà 21-3 au bout de vingt minutes, grâce à trois essais. Il n'y a jamais eu match ce vendredi soir, et l'indiscipline crasse du Racing a vite cloué son cercueil. En trente minutes et huit fautes, les hommes de Patrice Collazo étaient déjà réduits à 13 et Toulouse en a profité pour planter deux essais qui ont définitivement scellé le sort de cette demi-finale à sens unique. Il faudra remonter loin dans les archives mais, dépassés comme jamais, le club francilien a sans doute subi au stade des demi-finales un revers historique (71-17), dépassant largement l'affront en Challenge Cup cet hiver et ce bien plus anonyme 61-7 concédé en Ulster.Â
La défense gruyère du Racing
22% de plaquages ratés (20/89) rien qu'en première mi-temps. 20% (40/202) sur l'ensemble du match. C'est dire si la défense francilienne est littéralement passée à côté de sa demie sur la pelouse du Vélodrome. Ironie du sort, c'est sur un plaquage mal exécuté sur Meafou que Manyara, l'un des Racingmen les plus en forme du printemps, s'assomme au quart d'heure de jeu et sort définitivement sur protocole commotion… Toulouse termine la rencontre avec 40 défenseurs battus, 8 franchissements et un total proche des 800m parcourus avec le ballon. Une véritable promenade de santé.Â
L'animation offensive quasi inexistante du RacingÂ
Mais pourquoi donc cette stratégie? Sevré de munitions tout au long de la partie, le Racing n'a quasiment jamais su tenir le peu de ballons qu'il avait en mains (23 passes, 20 courses et un franchissement au compteur en première mi-temps). A l'image par exemple de ces deux séquences où Antoine Gibert se débarrasse très vite du cuir pour le rendre aux Toulousains. D'abord sur une relance depuis ses 22m (25e), puis sur l'ultime offensive de la première période (40e+1) où l'ouvreur envoie étrangement un jeu au pied qui permet à Toulouse d'abréger l'affreux premier acte francilien. La suite du match sera du même acabit, mis à part sur cette avancée synonyme d'essai (69e) récompensant l'effort des avants – notamment de Jordan Joseph – dans l'axe.
Le Stade Toulousain affrontera Montpellier ou le Stade Français en finale le 27 juin. Les joueurs d’Ugo Mola connaîtront leur adversaire dès demain, après la deuxième demi-finale.

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