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Derrière  Jim Queen  et ses blagues délirantes, un film danimation plus concernant quil ny paraît

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Derrière  Jim Queen  et ses blagues délirantes, un film danimation plus concernant quil ny paraît

The Jokers Films

« Jim Queen » arrive en salles, ce mercredi 17 juin.

Faute de tickets vendus, le concert de Lady Gaga a été annulé. Pire : Ricky Martin vient d'épouser Kristen Stewart. Vous avez du mal à le croire ? Nous aussi. C'est pourtant l'étonnante, mais non moins mordante histoire racontée dans Jim Queen, film d'animation délirant à voir en salles ce mercredi 17 juin.

Son histoire, c'est celle d'un certain Jim. Icône de la scène gay parisienne et des salles de sport, ce dernier voit sa vie basculer le jour où, sans crier gare, l'un de ses abdominaux se fait la malle. La bedaine le guette. C'est la panique. Il court aux urgences. Le résultat est sans appel : Jim est malade. Il a contracté l'Hétérose.

L'Hété-quoi ? L'Hétérose, cet étrange virus qui transforme les homosexuels en hétéros. Dans la capitale, c'est un fléau. Chez les uns, il se traduit par une perte de style vestimentaire. Chez d'autres, une absence de libido et une passion dévorante pour le foot. Personne n'y échappe, pas même Jim, auquel tout le monde a tourné le dos.

Tout le monde sauf un de ses abonnés, Lucien. Le gentil garçon efféminé au corps d'éphèbe n'a rien perdu de son admiration pour le colosse arrogant. Ensemble, ils s'envolent dans une quête à travers les buissons des Tuileries, le Rosa Bonheur, le Berghain et autres lieux historiques de « cruising » (drague) pour dégoter un mystérieux remède.

Découvrez ci-dessous la bande-annonce :

Épopée digne d'un jeu vidéo, où nos héros gravissent les niveaux à la rencontre des fétichistes, des bears et des drag-queens, Jim Queen de Marco Nguyen et Nicolas Athané est une déclaration d'amour au monde gay truffée de clins d'œil sans filtre, allant d'une milice de tortionnaires baptisée la « Gaystapo » à un cockring « pris pour un rond de serviette ».

Homophobie, Christine Boutin…

Outrancier et réjouissant, ce film d'animation pour adultes est à l'image de ses dessins enfantins : il ne se prend pas au sérieux. Un sens de l'autodérision certain, que convoquent toutefois ses auteurs pour titiller avec humour une flopée de sujets brûlants, comme les dangers de l'extrême droite ou l'homophobie en France.

Quand ils ont commencé l'écriture il y a de ça sept ans, « il y avait une vraie légèreté », souffle Simon Balteaux dans les notes de production. « À l'époque, il n'y avait pas ce durcissement politique autour de nous, ajoute Marco Nguyen. Aujourd'hui, ça résonne différemment. On a dû s'adapter ».

Comment ? À l'image d'un personnage hérité de Christine Boutin et des laboratoires Bayer (lesquels sont accusés d'avoir sciemment écoulé des produits contaminés par le VIH dans les années 1980), les deux compères ont décidé d'en faire des caisses, de surjouer, comme avant eux plusieurs comédies cultes, dont le Rocky Horror Picture Show.

Il n'empêche. En dehors des cercles LGBT+, ils redoutent l'accueil du film. « J'ai peur de me retrouver dans un débat stérile, du genre “c'est un film contre les hétérosâ€, alors qu'on est à l'opposé de cette démarche, s'inquiète Simon Balteaux. J'espère que son propos ne sera pas dévoyé par une lecture trop basique. »

Chemsex et thérapies de conversion

Ce serait passer à côté du reste. Car outre les thérapies de conversion (interdites en France depuis 2022, seulement) ou l'actuelle épidémie de chemsex délaissée des politiques publiques, Jim Queen ne manque pas d'épingler ce qui mine le monde gay de l'intérieur, dont la stigmatisation des homosexuels atteints du VIH qui perdure.

Il en va de même pour le culte de l'apparence, et tout ce que ça a d'âgiste, grossophobe et viriliste. Idem pour les divisions au sein de la communauté LGBT+, encore très largement dominée par une partie des représentants les plus visibles de l'acronyme, à savoir les hommes gays, cis et blancs.

Un aspect sur lequel ironise le film, sans toutefois corriger le tir. Vous ne verrez ni lesbienne, ni personne trans dans Jim Queen. Ses auteurs ont débattu en interne, mais disent s'être heurtés à un obstacle de taille : les contraintes financières. « On a voulu ajouter des sous-intrigues, mais on n'a pas eu les moyens », détaille l'un d'entre eux.

Financé en partie par le biais d'une campagne de crowdfunding (grâce à laquelle ils ont levé plus de 119 000 euros), le projet – qui a toutefois bénéficié d'une belle visibilité au dernier Festival de Cannes – raconte aussi quelque chose de l'économie du cinéma queer, frappé par les coupes de subventions et la mise à l'écart des plateformes, selon eux. Ils n'ont pas trouvé de quoi guérir l'industrie, mais un très bon remède à la morosité.