La seconde édition du Deauville Sport Images Festival, qui se déroule jusqu'au 6 septembre 2026, illustre la manière dont le sport féminin contribue à faire émerger des figures dont l’influence dépasse désormais le cadre sportif pour faire du vêtement un sujet d’expression à part entière.
À l'heure où Naomi Osaka a créé l'événement en couture upcyclée signée Germanier au tournoi de Roland-Garros 2026 et à celle où l'influence du sport sur la mode n'est plus à prouver, la mairie de Deauville consacre la thématique principale de son « Deauville Sport Images Festival » aux femmes dans le sport.
Cet événement met en lumière des championnes devenues des icônes majeures, notamment grâce à leur tenue vestimentaire.
La combinaison noire de Serena Williams lors du tournoi de Roland-Garros
Serena Williams revient à Roland-Garros en 2018 après sa grossesse vêtue d’une combinaison noire conçue avec Nike. La tenue est alors largement commentée pour son esthétique mais aussi pour sa fonction : elle est censée favoriser la circulation sanguine après les complications médicales qu’elle a connues après son accouchement.
Quelques mois plus tard, le président de la Fédération française de tennis de l’époque déclare qu’il faudra davantage respecter le « jeu et le lieu ». L’affaire dépasse alors le cadre sportif et devient un débat sur la liberté vestimentaire des sportives, la maternité dans le sport et la manière dont les corps féminins sont jugés.
Cette même année, la championne lance « S by Serena », une marque de prêt-à -porter présentée comme une ligne inclusive destinée à des femmes de morphologies diverses.
Des Afghanes contraintes de pratiquer le sport en burqa et en secret
Avant le retour des talibans en Afghanistan, le sport était symbole d’émancipation. Depuis août 2021, les femmes et les filles ont été exclues du sport organisé. Les autorités considèrent que la pratique sportive féminine n’est pas compatible avec leur interprétation des règles religieuses.
C’est dans ce contexte que le festival expose une photo d’Ebrahim Noroozi où une Afghane fait du vélo vêtue d'une burqa.
« Avec l'obligation de porter la burqa pour les sportives afghanes, la liberté des femmes a régressé, signale Agnès Vergez, directrice générale et artistique du Deauville Sport Images Festival, dans le communiqué. Il n'y a rien qui traverse les sociétés qui ne se retrouve comme sous la loupe ainsi grossi et dramatisé dans les sports. »
Le corps en mouvement, terrain d’expression de la mode
Les nombreuses photographies de danseuses présentées à Deauville rappellent que le vêtement n’est pas seulement lié à la performance.
Pour « Les yeux dans les étoiles » le photographe Gérard Uféras s’intéresse aux grands ballets internationaux et restitue à travers des gros plans de chaussons ou tutus de danseuses classiques la magie du costume de scène.
« Danse », par Sylvie Lancrenon, immortalise Anna Cleveland, fille de la mannequin américaine Pat Cleveland, et Germain Louvet, tous deux danseurs de l’Opéra de Paris. Mises en scène en pleine nature, devant la mer, ses images célèbrent le corps en mouvement et rappellent combien l’esthétique participe au récit du sport et de la mode.
Enfin, « Éphémère », du photographe Steve Korn, montre des danseurs « parfois voilés de tissus, ce qui accentue leur dimension presque spectrale » . Ici, le tissu ne sert pas à habiller mais devient un outil visuel. C’est précisément ce que font certaines sportives lorsqu’elles transforment leurs apparitions en véritables prises de parole.



