Faire de la vulnérabilité une arme en temps de guerre
La violence sexuelle à l’encontre des enfants fait partie des six violations graves identifiées et condamnées par le Conseil de sécurité des Nations Unies, s’inscrivant dans son cadre de surveillance et d’intervention face aux exactions commises dans les conflits armés.
Dans les conflits actuels, la violence sexuelle est de plus en plus répandue et se produit souvent dans des contextes où l’État de droit s’est effondré. Elle est fréquemment utilisée de manière délibérée comme tactique de guerre pour terroriser les communautés, provoquer des déplacements forcés ou exercer un contrôle sur les populations.
Les filles comme les garçons sont concernés, même si leurs expériences sont souvent sous-déclarées ou mal comprises. Dans certains contextes, des pratiques néfastes exploitent systématiquement les enfants, ce qui témoigne de l’effondrement des institutions censées les protéger.
Des séquelles durables et la quête de justice
Les conséquences de la violence sexuelle sur les enfants sont dévastatrices et durables. Les victimes souffrent souvent de traumatismes psychologiques graves, ainsi que de séquelles physiques telles que des infections sexuellement transmissibles et des grossesses précoces.
La stigmatisation sociale aggrave ces préjudices, en particulier pour les filles associées à des groupes armés, rendant leur réintégration au sein de leurs communautés extrêmement difficile. Les jeunes mères et les enfants nés à la suite d’un viol sont exposés à un risque accru d’exploitation, notamment la traite et le travail forcé.
Conséquences et responsabilité juridique
Le droit international interdit clairement les violences sexuelles à l’encontre des enfants. De tels actes constituent de graves violations des droits de l’homme et peuvent être assimilés à des crimes de guerre ou à des crimes contre l’humanité au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
La résolution 1882 (2009) du Conseil de sécurité reconnaît que les violences sexuelles commises à l’encontre des enfants constituent une préoccupation prioritaire et appelle à la mise en place de plans d’action concrets pour y remédier. Elle sert également de déclencheur pour l’inscription des auteurs de ces crimes sur des listes, le renforcement des mécanismes de responsabilisation et la consolidation des efforts mondiaux visant à protéger les enfants dans les situations de conflit armé.

Événement 2026
Violences sexuelles liées aux conflits à l’encontre des enfants : préserver leur avenir et autonomiser les personnes qui s’occupent d’eux
Jeudi, 19 juin 2026
10 h 00 – 13 h 00 (heure de New York)
Salle de réunion n. 11, Siège de l’ONU à New York
Contexte
Définition
L'expression « violence sexuelle liée aux conflits » recouvre des actes tels que le viol, l'esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, l'avortement forcé, la stérilisation forcée, le mariage forcé, ainsi que toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons, et ayant un lien direct ou indirect avec un conflit. Cette expression inclut également la traite des personnes à des fins de violences sexuelles ou d'exploitation sexuelle lorsque ces faits surviennent en temps de conflit.
Une préoccupation constante est que la crainte et les pressions culturelles dissuadent la grande majorité des victimes de violences sexuelles liées aux conflits de porter plainte. Les professionnels sur le terrain estiment que, pour chaque cas de viol déclaré lié à un conflit, il y en a 10 à 20 qui ne le sont pas.
Résolutions de l’ONU
Le 19 juin 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus la résolution 69/293 proclamant le 19 juin Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit afin de sensibiliser à la nécessité d’y mettre un terme, de manifester de la solidarité envers les victimes et de rendre hommage à celles et ceux qui luttent en première ligne pour éliminer ces crimes.
Cette date a été choisie pour commémorer l’adoption décisive, le 19 juin 2008, de la résolution 1820(2008), dans laquelle le Conseil de sécurité a condamné l’utilisation de la violence sexuelle comme une arme de guerre pouvant faire obstacle à la consolidation de la paix.
Pour répondre aux groupes terroristes qui se servent désormais de la traite et des violences sexuelles comme arme de terreur et source de revenus, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2331(2016), par laquelle il engage les États Membres à prendre des mesures décisives et immédiates pour prévenir et réprimer la traite des êtres humains et les violences sexuelles, notamment dans le cadre des conflits armés. La résolution souligne que la traite d’êtres humains en temps de conflit armé et les violences sexuelles et sexistes commises en période de conflit peuvent s’inscrire parmi les objectifs stratégiques et dans l’idéologie de certains groupes terroristes. De tels actes peuvent devenir une tactique pour ceux-ci et un instrument servant à alimenter leurs coffres et à conforter leur pouvoir en facilitant l'enrôlement et la destruction de communautés.




