Thomas Stélandre : “On a plus récemment parlé de Houellebecq ces derniers temps pour ses propos islamophobes, pour le tournage d’un projet érotico-porno, pour son entourage douteux, infréquentable, etc. Là , on se dit qu’il retourne à la littérature, et, peut-être, à ses premières amours, à savoir la poésie, puisqu’il est peut-être avant tout poète. Toutefois, je trouve que c’est plutôt décevant dans le sens où ça me semble être un petit geste. On retrouve ses fondamentaux, il y a quand même quelques saillies, puisque ça reste quand même quelqu’un d’important, qui arrive évidemment à synthétiser quelque chose, à faire de la poésie comme synthèse. Donc l’ensemble me fait l’effet d’un Houellebecq échantillonné, mais un peu mou, un peu décevant.”Johan Faerber : “On retrouve tous les thèmes baudelairiens, c’est-à -dire cette espèce de platitude de la poésie ou de poésie de la platitude, avec des thèmes comme le spleen, le renoncement, le goût pour la mort, pour la provocation, pour la pornographie… Tous ces thèmes baudelairiens sont très ancrés chez Houellebecq puisqu’on a l’impression qu’il joue avec cette culture scolaire et que sa culture littéraire s’est arrêtée là . Ce qui m’a mis mal à l’aise dans ce recueil, c’est l’instrumentalisation de la poésie à des fins médiatiques. On a l’impression qu’il revient à la poésie comme il entrerait dans une cellule de dégrisement médiatique. Pour lui, la poésie, c’est de l’hyper-littérature, la littérature de la littérature, le graal absolu, un graal qu’il identifie à une sorte de pureté. Après s’être égaré, il revient à une sorte d’opération de réparation médiatique. Or, cette opération me pose un problème sur le traitement de la poésie. À savoir, est-ce que cette poésie est là en tant que poésie ou est-ce qu’est-elle là en tant que qu’elle peut être instrumentalisée ?”
- Michel Houellebecq, Combat toujours perdant, FlammarionFrédéric Forte, Le sentiment général, P.O.L


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