Au moins 100 personnes sont décédées des suites du virus Ebola en République démocratique du Congo, moins d'un mois après que les autorités ont signalé une épidémie de la maladie dans l'est du pays.
Les agressions contre le personnel de la santé par des habitants en colère, le scepticisme de certains locaux et les conflits armés dans les zones sensibles continuent de compliquer les efforts visant à endiguer l'épidémie déclarée le 15 mai.
Sur les 550 cas de la maladie confirmés en date de dimanche, on dénombre 101 décès et 19 guérisons, selon le dernier rapport de situation, publié lundi soir.
L'épidémie se concentre dans la province d'Ituri, où plus de 90 % des cas ont été détectés. Des cas ont également été enregistrés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, et la maladie s'est propagée au-delà de la frontière, en Ouganda.
On estime que le nombre réel de cas en République démocratique du Congo (RDC) est plus élevé, car l'épidémie a été confirmée avec plusieurs semaines de retard. La riposte s'est avérée difficile, notamment parce qu'il n'existe ni vaccin ni traitement approuvé.
Cette épidémie est causée par le virus rare de Bundibugyo, pour lequel il n'existe pas de vaccin ni de traitement approuvé, contrairement à la « souche Zaïre », autre nom du virus Ebola, responsable de la plupart des 16 épidémies passées de la maladie en RDC.
L'augmentation rapide du nombre de cas s'explique en partie par le renforcement des capacités de diagnostic, qui a permis de tester l'arriéré d'échantillons prélevés précédemment, ont expliqué les autorités.
Les agents de santé en première ligne, peu rémunérés et manquant de repos, ont été attaqués à plusieurs reprises par des habitants en colère et n'ont pas pu atteindre certaines communautés en raison de conflits impliquant des groupes rebelles armés.
L'est de la RDC subit depuis des années les attaques de dizaines de groupes rebelles et militants distincts, dont certains ont des liens avec des pays étrangers ou avec le groupe armé Daech (le groupe armé État islamique).
Le conflit « entrave l'accès aux interventions, perturbe les activités de surveillance et d'intervention, et augmente le risque de transmission non détectée », a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
« De tels incidents soulignent les défis du contexte et l'importance de travailler en étroite collaboration avec les dirigeants locaux et les communautés », a ajouté l'OMS.



