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Lhôpital national dinstruction des armées Bégin en première ligne de lopération Avec nos blessés

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Pour la première fois, le départ de la marche-course sera donné depuis l’hôpital national d'instruction des armées (HNIA) Bégin, établissement qui accueille chaque année de nombreux militaires blessés. La journée se poursuivra ensuite au sein du village des blessés, au Château de Vincennes, où le Service de santé des armées et les équipes de l’HNIA Bégin iront à la rencontre du public. Sur leur stand, les équipes du Service de santé des armées présenteront les expertises mobilisées au service de la prise en charge et de la reconstruction des blessés : gestion d’une hémorragie aiguë, pose de cathéter intra-osseux sur mannequin, initiation à la suture chirurgicale, unité médico-chirurgicale, parcours de soutien psychologique et dispositifs d’accompagnement.

Le Service de santé des armées est le partenaire privilégié de l’opération « Avec nos blessés ». Qu’avez-vous choisi de montrer au public pour illustrer l’engagement du Service auprès des blessés ?

Médecin général (MG) Marion Auboin – Pour la première fois, le départ de la course se fera depuis l’HNIA Bégin, un choix particulièrement symbolique. En effet notre établissement accueille chaque année de très nombreux militaires blessés, porteurs d'un traumatisme physique et/ou psychique, qu’ils soient de retour d’opération ou victimes d’accidents en service.

Notre participation à l’opération « Avec nos blessés » met la lumière sur notre façon d'accompagner le blessé, et la temporalité de cet accompagnement dans son parcours de reconstruction. Notre prise en charge est souvent celle de la phase aiguë, et du moyen terme. Notre hôpital, comme les autres hôpitaux d'instruction des armées, est un « outil de défense » : il est prêt à prendre en compte les blessés, comme il peut envoyer sur les zones de combat des personnels parfaitement préparés à soigner les blessés en phase aiguë.

Pour illustrer concrètement cela, les visiteurs, les blessés et leurs familles pourront découvrir sur notre stand les soignants qui interviennent tout au long de cette prise en charge. Rhumatologues, infirmiers et kinésithérapeutes proposeront des ateliers interactifs pour faire connaître leurs métiers et expliquer comment ils contribuent, chacun à leur niveau, au parcours de soin du blessé.

Réunion d'équipe


Lorsqu’un militaire est blessé, la prise en charge ne s’arrête pas au traitement de l’urgence. Comment accompagnez-vous aujourd’hui ces blessés dans la durée, du traumatisme physique aux blessures invisibles ?

MG Marion Auboin – À l'HNIA Bégin, la prise en charge est globale. Avant tout, elle est centrée sur le blessé et ses besoins. Assez logiquement, il en découle un parcours personnalisé qui s'articule autour de plusieurs spécialités complémentaires, toutes destinées à faciliter sa guérison.

Le parcours de reconstruction est souvent long, et nécessite d'intégrer les blessures tant physiques que psychiques. L'HNIA Bégin accompagne des militaires venus de toute la France en hospitalisation conventionnelle ou ambulatoire. Aussi la reconstruction ne se limite pas au soin clinique technique mais englobe également des dispositifs concrets, pensés pour réapprendre le quotidien. Ainsi une cuisine thérapeutique récemment inaugurée vient compléter l'offre de soins de psychiatrie.

Ce service de psychiatrie, possédant la plus grande capacité d'accueil du Service de santé des armées, dont un grand secteur d'hôpital de jour, a même développé et propose au quotidien des téléconsultations en distanciel permettant aux blessés les plus isolés d'accéder aux soins. Par ailleurs ce service a fait éclore l'innovation majeure de la prescription personnalisée des antidépresseurs grâce à la pharmacogénétique (primée en 2026), gain d'efficacité du traitement.

« Notre participation à l’opération “Avec nos blessés” met la lumière sur notre façon d'accompagner le blessé, et la temporalité de cet accompagnement dans son parcours de reconstruction. »

En novembre 2024, l’hôpital national d'instruction des armées (HNIA) Bégin a créé une unité médico-chirurgicale inédite. Qu’est-ce qui a motivé cette évolution et qu’apporte-t-elle concrètement aux blessés ?

MG Marion Auboin – Les retours d'expérience des conflits récents, notamment en Ukraine, ont mis en lumière un fait : un blessé ne présente jamais une seule problématique. Derrière une blessure orthopédique se cachent souvent des pathologies médicales, infectieuses, rhumatologiques. La blessure est multiple, complexe et évolutive. La seconde réflexion vient de l'observation de l'organisation de l'hospitalisation en opération extérieure.

L'unité médico-chirurgicale (UMC) est née de ces constats, en novembre 2024. Face à ces réalités, il était nécessaire de faire évoluer notre organisation pour proposer une prise en charge plus intégrée et plus fluide. L’UMC repose sur un principe simple : construire un parcours de soins transversal autour du patient plutôt que par spécialités distinctes. Ainsi très concrètement, deux spécialités se partagent une prise en charge complémentaire de mêmes pathologies : orthopédie et rhumatologie. La rééducation y est très logiquement associée.

Au sein de cette unité comptant 22 lits, des équipes issues de différentes disciplines travaillent ensemble au quotidien. Orthopédistes, rhumatologues, kinésithérapeutes, infirmiers et autres professionnels de santé coordonnent leurs expertises afin d’apporter une réponse globale aux besoins du patient.

Cette transversalité permet d’améliorer la continuité des soins, de faciliter les échanges entre spécialistes et d’offrir aux blessés une prise en charge et un parcours de soins plus cohérents et plus efficaces. L’UMC, unique en son genre, constitue ainsi une innovation organisationnelle majeure au service de la reconstruction des blessés militaires.

« L'unité médico-chirurgicale nous permet dès aujourd’hui d’anticiper les besoins de demain et d’adapter notre système de santé militaire à l'évolution des conflits actuels. »

L’unité médico-chirurgicale a été conçue dans l’esprit d’un hôpital « bon de guerre ». En quoi cette organisation préfigure-t-elle la prise en charge des blessés lors d’un engagement de haute intensité ?

MG Marion Auboin – L'unité médico-chirurgicale a été pensée dans l'esprit d'un hôpital « bon de guerre ». Elle préfigure parfaitement ce que serait la prise en charge et la réorganisation en cas d'engagement majeur.

Les blessés associent très souvent des traumatismes et maladies multiples et complexes nécessitant l’intervention simultanée de plusieurs spécialités. Dans ce contexte, la performance d’un hôpital ne repose pas uniquement sur l’excellence de chaque service, qui est une base toujours entretenue. Mais sa capacité à coordonner efficacement l’ensemble des compétences nécessaires autour du patient le rend efficient.

C’est précisément la logique qui a permis la création de l’UMC. Cette organisation favorise la réactivité, la fluidité des parcours et l’optimisation des ressources médicales et paramédicales. Elle permet également aux équipes de bien se connaître, et d'avoir les réflexes pour prendre en charge un nombre important de blessés complexes tout en maintenant un haut niveau de qualité des soins.

Cette unité nous permet dès aujourd’hui d’anticiper les besoins de demain et d’adapter notre système de santé militaire à l'évolution des conflits actuels. Notre objectif est avant tout de garantir aux militaires blessés qu'ils seront pris en charge avec efficacité et qualité où qu'ils soient et quelles que soient les conditions.

Personnel de Begin avec la médecin général Auboin


Face aux défis d’un conflit de haute intensité, aucun acteur ne peut agir seul. Quels liens avez-vous tissés avec les hôpitaux civils pour renforcer la résilience de la chaîne de soins ?

MG Marion Auboin – Les liens que nous avons tissés avec les hôpitaux civils reposent sur une logique de complémentarité de l'offre de soins. L’objectif est d'offrir des parcours de soins complets à nos patients militaires au quotidien, et pas seulement de coopérer en période de crise. Bien sûr, cette habitude permettrait de monter en puissance rapidement en cas d’événement majeur.

L’HNIA Bégin est pleinement intégré à l’offre de soins francilienne. Ouvert aux patients civils comme militaires, il travaille en réseau avec des établissements publics choisis, ainsi qu’avec les acteurs de santé de proximité.

Ces partenariats se traduisent entre autres par des activités d'enseignement et la formation des étudiants en médecine ou des paramédicaux.

Cette ouverture nous permet de faire bénéficier la population civile de notre technicité, également d'assurer, par une activité soutenue de nos personnels, une formation continue assurant le meilleur niveau de qualification des professionnels de Bégin, au profit des blessés militaires, à l'avant comme une fois rapatriés.

Evidemment la complémentarité civilo-militaire est un véritable atout pour renforcer la résilience de notre système de santé, en particulier en cas de conflit de haute intensité. D'ailleurs des travaux sont en cours entre le Service de santé des armées et les ARS pour envisager au mieux cette résilience de la chaîne de soins.

N'oublions pas dans cette résilience la complémentarité naturelle entre les établissements hospitaliers militaires, pour nous avec l'HNIA Percy, et aussi l'Institut national des Invalides.

Encore une fois, l’objectif est de garantir à chaque blessé la meilleure prise en charge possible, quelles que soient les circonstances.