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Le  pire raté en matière de politique étrangère depuis des décennies  : des élus républicains en colère après la signature de laccord États-Unis/Iran

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L'accord met fin au conflit débuté le 28 février par l'attaque américano-israélienne contre l'Iran et vise la réouverture du détroit d'Ormuz et la stabilisation des prix de l'énergie, la guerre ayant fait grimper les prix du pétrole.

Mais les conditions qui ont été négociées inquiètent certains élus républicains, qui gardent un souvenir amer de l'accord nucléaire conclu, en 2015, avec l'Iran par l'ancien président démocrate Barack Obama, considéré comme trop laxiste.

Cette fois-ci, c'est notamment la perspective d'un allègement des sanctions contre l'Iran et d'un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars qui les inquiète, d'autant que Washington n'a obtenu aucun engagement ferme concernant l'enrichissement d'uranium ou le soutien de Téhéran à des groupes armés alliés.

Et si le trafic maritime peut reprendre librement dans le détroit d'Ormuz, c'est seulement pour une durée de 60 jours, après quoi l'Iran appliquera des « droits de redevance » pour services fournis.

« Pire raté »

Le sénateur républicain Bill Cassidy a qualifié sur X cet accord de « pire raté en matière de politique étrangère depuis des décennies ».

« Avant la guerre, le détroit était ouvert, l'Iran était écrasé par les sanctions et nos 13 militaires étaient encore en vie », a-t-il continué. « Aujourd'hui, 13 Américains sont morts, les familles ont déboursé des milliards à la pompe, les sanctions vont être levées et les bombardements ont cessé », a ajouté le sénateur de Louisiane, en référence aux soldats américains tués pendant le conflit.

Trump arc-bouté sur ses positions

Donald Trump a, de son côté, balayé les critiques, insultes à l'appui, présentant le texte comme le seul moyen de rouvrir le détroit d'Ormuz, par où transitait un cinquième du pétrole mondial avant la guerre. Il a aussi souligné que l'accord n'était pas définitif, et averti que les États-Unis pourraient reprendre les frappes en cas d'échec des négociations, qui doivent durer 60 jours.

« C'est un cadre d'accord, et si je ne l'aime pas, nous recommencerons à leur tirer dessus et à leur larguer des bombes sur la tête », a lancé le républicain, mercredi, à Évian, en France, où il participait au G7.

« Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole sont en train de chuter, sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides », a-t-il tonné, ce jeudi, sur son réseau Truth Social.

« Une erreur »

Selon le républicain Roger Wicker, président de la Commission sénatoriale des forces armées, le texte est « en décalage total » avec les objectifs de Donald Trump, et le fonds de reconstruction de l'Iran fait passer « l'accord de 2015 conclu sous la présidence d'Obama » pour quelque chose de « dérisoire en comparaison », a-t-il dit dans un communiqué.

Le sénateur républicain Ted Cruz a lui exhorté Donald Trump à « ne pas leur donner des montagnes de cash pour leur permettre de se reconstruire et de redevenir une menace pour les États-Unis ».

« Je ne veux pas voir des islamistes qui veulent nous tuer devenir plus puissants. Si cet accord leur rapporte 300 milliards de dollars, c'est une erreur », a-t-il affirmé sur son podcast.

Des doutes

Quant à John Cornyn, sénateur texan, il craint que l'accord ne soit guère plus qu'un « intermède » qui permettra à l'Iran de reconstituer son arsenal et poursuivre l'enrichissement d'uranium.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, s'est montré plus prudent mais a déclaré avoir besoin de réponses pour savoir si l'accord traite bien des problèmes découlant du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l'Iran et de son soutien à des groupes armés.

D'autres alliés de Donald Trump ont appelé à être patients. Quant aux démocrates, tous opposés à l'accord, ils affirment que le républicain s'est lancé dans un conflit coûteux pour finalement accepter un texte qui rétablit le statu quo ante, voire renforce Téhéran.