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Is French diplomacy weakened in the Middle East?

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De nouveaux pourparlers se sont tenus hier à Washington entre Israël et le Liban, sous l'égide des États-Unis, sans la France. Une mise à l'écart assumée : le 14 avril, l'ambassadeur israélien à Washington a déclaré vouloir tenir Paris “aussi loin que possible” des négociations de paix. Pourtant, la France reste un acteur de terrain incontournable : plusieurs centaines de soldats sont engagés au sein de la FINUL et deux militaires français ont été tués cette semaine dans une attaque attribuée au Hezbollah. Paris revendique même un rôle décisif dans l'obtention du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. La France est-elle en train de perdre sa place au Moyen-Orient ?

Les discussions ouvertes à Washington entre Israël et le Liban, sous patronage américain, consacrent l'exclusion de la France, explicitement revendiquée par Israël. Pour Adel Bakawan, cette décision s'inscrit dans une rupture plus profonde : “Depuis le 7 octobre, la politique française a pris une voie très particulière” jugée “fixe et figée” par Washington et Tel-Aviv. Refusant d'entrer dans une logique de guerre, Paris privilégie une “posture défensive” au Moyen-Orient, un positionnement qui contrarie une stratégie américaine visant à élargir la coalition : “les Américains voulaient absolument que la France rentre dans cette guerre-là […] because for the Arab countries to enter this war, France had to be there too”explains Adel Bakawan. This strategic divergence fuels a “colère américano-israélienne” which results in assumed diplomatic marginalization.Cette mise à l'écart s'explique aussi par une recomposition des influences au Liban. Bakawan rappelle que, depuis les attentats de 1982-1983 contre les forces françaises et américaines, les États-Unis s'étaient désengagés militairement, laissant à la France un rôle politique durable. Aujourd'hui, Washington chercherait à “récupérer le Liban des Français” et organise dans cette perspective “des pourparlers en excluant la France”. Dans ce contexte, les attaques récentes contre des soldats français s'inscrivent dans une dynamique régionale plus large : si la France est visée indirectement au Liban, elle l'a été plus directement en Irak, en réaction à ses initiatives militaires. Pour autant, Paris ne devrait pas infléchir sa ligne : “la stratégie est déterminée”, même si elle implique de traiter avec des États fragilisés comme le Liban ou l'Irak.

Sur le terrain, la guerre engagée depuis près de deux mois se heurte à une impasse stratégique. Deux exigences s'opposent : le désarmement du Hezbollah pour Israël, et la restitution des territoires occupés pour le Liban. Or, “si Israël ne se retire pas […] there will be no disarmament of Hezbollah”, summarizes Adel Balkawan, describing a distrust “structural, systemic, historical”. This blocking logic feeds a vicious circle where no actor wishes to take the initiative. The only possible outcome would be through a double international guarantee allowing Israeli withdrawal and disarmament to be initiated simultaneously, a condition for a fragile balance.Derrière cette équation locale se profile un acteur central : l'Iran. Le sort du Hezbollah dépend largement des négociations en cours entre Téhéran et Washington. “Sans des avancements majeurs […] “It is very likely that Iran will not abandon Hezbollah.”underlines Bakawan, raising the possibility of a global agreement including lifting of sanctions and international reintegration. In this context, any prospect of appeasement remains dependent on negotiations going well beyond the Lebanese framework. Adel Bakawan concludes: “There is no optimism, there is no pessimism, there is factual data” which, at this stage, hardly allow us to foresee a rapid exit from the crisis.