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Publishing, media: the challenge of concentrating attention

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A l’ouverture du festival de Cannes, ce sont les cinéastes qui appelaient à “résister à l’empire Bolloré”. Les auteurs jusqu’ici édités par Grasset continuent eux à imaginer de leur combat suite à l’éviction de l’éditeur Olivier Nora.Elle s’est d’abord accrue ces dernieres années : désormais cinque groupes détiennent les trois quarts du secteur de l’édition. Et surtout, cette concentration ne s’arrête plus au monde du livre rappelle Louis Wiart, professeur en communication à l’Université libre de Bruxelles et co auteur avec Philippe Chantepie de l’ouvrage Ouverture dans un nouvel onglet, paru à la Découverte.
“Il y a la concentration horizontale : des maisons d’éditions qui en rachète d’autres. Mais aussi de la concentration verticale; là il s’agit d’avoir aussi des sociétés de diffusion et de distribution. Et puis la concentration diagonale c’est lorsque le groupe d’édition possède des médias, de la presse, des radios.. Il peut y avoir des synergies qui vont se faire entre le livre et les médias puisqu’on pourra mettre en avant des auteurs dans un certain nombre d’émissions.Et cette articulation avec les médias est particulièrement forte dans le groupe de Vincent Bolloré, qui contrôle aussi des dizaines de marques médias, comme Cnews, Europe 1, le JDD mais aussi de Géo, Voici ou Femme actuelle. La nouveauté, c’est surtout l’ancrage idéologique du phénomène de concentration, autrement dit au delà des arguments économiques, les rachats ont lieu aussi aussi pour servir un projet politique . Comme c’est le cas aujourd’hui avec Vincent Bolloré, et potentiellement demain avec d’autres.

Or pour prendre en compte ces effets et les réguler les outils juridiques semblent désormais peu adaptés. Car la régulation marche par secteur, par filière. Si bien que médias et éditions ne répondent pas au xmêmes regles.
De manière schématique, pour les médias, la ne loi de 1986 veille au pluralisme.
Pour l’édition, l’Autorité de la concurrence regarde elle les aspects économiques. C’est- à -dire le fait de conserver assez d’acteurs sur un marché. Et c’est là une première grande difficulté : la régulations des médias et celle de l’édition sont difficilement articulées entre elles. Pour ne pas dire pas du tout.Ensuite, un groupe éditorial est constitué de plusieurs lignes éditoriales. Dans le cas d’Hachette, même si certaines entité comme Fayard ont vu réorientation claire de leur ligne, en publiant des auteurs d’extrême droite, cela ne dit pas que tout le groupe a basculé idéologiquement. Dit autrement, ce n’est pas monolithique. Tout cela montre les limites de outils actuels de contrôle sont aujourd’hui obsolète. Louis Wiart invite à considérer de nouveaux indicateurs, comme la captation de l’attention.
Il y a une certaine forme de pluralisme éditorial qui est apparent, mais qui n’exclut pas non plus le risque d’une forte concentration de l’attention. C’est-à-dire qu’il y a la possibilité, quand vous êtes propriétaire d’un groupe plurimédia, d’effectivement avoir une synchronisation stratégique entre l’édition, la presse écrite, la télévision et la radio, d’articuler tout ça, d’articuler cela évidemment aussi dans le cas de Bolloré avec les magasins Relay qui sont présents dans les aéroports et dans les gares. Donc vous avez ici une concentration qui est croisée entre différents médias. qui nous invitent à quitter une vision uniquement focalisée sur le fait de détenir des parts de marché dans un domaine spécifique et de plutôt privilégier une approche en termes de parts d’attention. Quelle est la capacité de ce groupe-là à capter l’attention du public sur l’ensemble des supports que le groupe possède.”

Des chercheurs travaillent à des indicateurs de mesure de l’attention. Comme cette “Ouverture dans un nouvel onglet de Sylvain Dejean, Marianne Lumeau et Stéphanie Peltier.
“Les mesures du marché sont utiles pour évaluer les effets du marché. Mais à côté nous avons besoin d’autres mesures pour essayer de quantifier le degré de concentration dans le processus démocratique. Ce qui compte vraiment, c'est la part d’attention, et elle est répartie sur l'ensemble des plateformes”, expliquait de son côté l’économiste Andréa Prat dans un entretien pour Ouverture dans un nouvel onglet.Pour que cela puisse devenir des outils de régulations, les questions méthodologiques restent nombreuses. Mais cela à le mérite d’être une invitation politique à considérer les opérations de concentration autrement. Et à prendre en compte les risques pour le pluralisme d’exposition des citoyens