Home Showbiz Vieilles ficelles ou vraie provocation : Madonna nous choque-t-elle autant quavant ?

Vieilles ficelles ou vraie provocation : Madonna nous choque-t-elle autant quavant ?

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La reine de la pop vient de dévoiler un nouveau clip dans lequel elle simule une scène de sexe dans les toilettes d'une boîte de nuit. Une manière, à 67 ans, de rester sur le devant de la scène et de capter l'attention à l'approche de la sortie de son nouvel album ?

Madonna serait-elle prête à tout pour refaire parler d'elle ? Relativement discrète depuis plusieurs années, la reine de la pop effectue un come-back tonitruant en jouant la carte de la provocation, comme elle sait si bien le faire. Après quarante ans de carrière, de tubes et de scandales, la chanteuse flirte avec les limites du sulfureux et de la bienséance avec des vidéos où elle s'amuse à se mettre en scène dans des postures très suggestives. À l'occasion du mois des fiertés, elle s'est récemment filmée en train de fumer un cigarillo, allongée sur le carrelage de sa salle de bains dans une robe nuisette dévoilant un décolleté très plongeant : une vidéo qui a ravi ses 20 millions de fans sur Instagram.

Son dernier coup d'éclat ? Un clip d'une dizaine de minutes visant à promouvoir son nouvel album, Confessions II, attendu le 3 juillet prochain. La Madone y entonne les six premières chansons du disque, dont I Feel So Free et Love Sensation, en dansant seule sur une table en talons aiguilles, ou sur le dancefloor d'une rave party new-yorkaise. Elle réapparaît ensuite vêtue d'un corset bleu turquoise et de cuissardes, dans les toilettes d'une boîte de nuit, où elle s'enferme avec un homme d'une trentaine d'années. La caméra les suit lorsque Madonna commence à se mettre à genoux lentement en caressant le torse puis les cuisses de son amant d'un soir. Une jeune femme observe la scène depuis les toilettes voisines, l'air ébahi et choqué.

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À sa sortie des toilettes, Madonna se retrouve en tête-à-tête avec Kate Moss avec qui elle se déhanche devant le miroir. Apparaît ensuite l'acteur britannique Benedict Cumberbatch, lui aussi au casting du court-métrage de la chanteuse réunissant tout un parterre de célébrités, dont la pop star Sabrina Carpenter, que l'interprète de Like a Virgin considère comme son héritière, ainsi que la comédienne Julia Garner, choisie pour jouer son rôle au cinéma. Lourdes Leon, la fille aînée de Madonna, est également de la partie, preuve que ce projet lui tient particulièrement à cœur. Avec ses lumières, ses flashs incessants, et ses corps à moitié dénudés dansant frénétiquement, le clip évoque à lui seul tout l'univers de la chanteuse, qui a construit son mythe autour de la culture queer et d'une esthétique trash. Est-il pour autant davantage subversif ? Pas vraiment, puisqu'il s'inscrit dans la lignée de ce que Madonna a toujours fait.

Icône de la transgression

Dans les années 1980, la carrière de Madonna explose parce qu'elle affiche ouvertement sa sexualité et assume ses désirs, une attitude absolument rare à l'époque pour une artiste pop féminine. Elle devient une star planétaire en dépassant des limites qui semblaient infranchissables et en brisant d'innombrables tabous à travers ses chansons et ses performances. En 1984, la jeune Louise Ciccone (son vrai nom), 26 ans, choque l'Amérique puritaine lorsqu'elle débarque sur la scène des MTV Video Music Awards déguisée en mariée avec une ceinture ornée de ces deux mots «boy toy» (jouet pour garçon, NDLR) et commence à simuler une scène de masturbation en interprétant Like A Virgin. Cinq ans plus tard, en 1989, la chanteuse s'attire les foudres du Vatican avec le clip de son tube Like A Prayer,  dans lequel elle caresse un Christ noir et se déhanche lascivement devant des crucifix en feu rappelant ceux utilisés pendant les rituels du Ku Klux Klan. Scandalisé, le pape Jean-Paul II appelle au boycott de la chanson. Face à la controverse, la marque Pepsi rompt son contrat de cinq millions de dollars avec la chanteuse.

Ces moments, qui ont marqué la pop culture, ont aussi façonné la légende de Madonna, icône de la transgression défiant les normes sexuelles et religieuses. Si l'artiste a gardé son âme de rebelle, ses provocations ne paraissent aujourd'hui plus aussi transgressives, sans doute parce que l'époque a changé, et que les mentalités ont évolué sur les questions liées à la représentation des corps et du désir féminin.

Madonna nous fait plonger dans son décolleté dans une vidéo à même le sol de sa salle de bains

Le nouveau court-métrage de Madonna fait malgré tout déjà le buzz sur les réseaux sociaux non pas pour ses scènes de sexe explicites mais parce que la star a 67 ans, et qu'elle serait donc trop «vieille» pour les interpréter. Sans surprise, ses détracteurs, majoritairement des hommes, lui reprochent d'être «trop sexy» pour son âge, «trop dénudée» aussi.

Combat contre l'agisme

Certains internautes estiment qu'elle se met en scène de cette manière pour rester sur le devant de la scène, et «rivaliser » avec des chanteuses plus jeunes qu'elles, davantage mises en avant dans l'industrie musicale. «Elle ne fait rien qu'elle n'a pas déjà fait auparavant. Les gens la critiquent juste pour son âge, mais elle est toujours aussi douée», leur répond, toujours sur X, une admiratrice de la première heure, pour qui Madonna n'a jamais été «hors compétition», et reste, au contraire, l'une des plus grandes stars de son époque. Comme elle, la plupart de ses fans saluent son «génie» musical. «À une époque dominée par des chansons de deux minutes et des vidéos amateurs de quinze secondes filmées avec un téléphone portable, Madonna nous offre une expérience musicale cinématographique de dix minutes, pleine d'art et de narration», s'enthousiasme l'un d'entre eux sur X, rapporte le Daily Mail.

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Avec ce nouveau clip, la chanteuse fait bouger les lignes autrement, en montrant qu'elle ne renoncera jamais à s'habiller et à danser comme elle l'entend malgré les critiques et préjugés sur ce qui est acceptable ou non pour une femme passé un certain âge. En 2023, la star avait déjà dénoncé l'âgisme et la misogynie dans un message enflammé partagé sur Instagram. «Nous vivons dans un monde qui refuse de célébrer les femmes de plus de 45 ans et qui ressent le besoin de les punir si elles persistent à être déterminées, travailleuses et aventureuses», s'était-elle indignée après avoir été critiquée pour son recours à la médecine esthétique. Elle avait ensuite assuré qu'elle resterait «subversive» pendant encore de nombreuses années et qu'elle repousserait toujours les limites du patriarcat pour «profiter de sa vie». Une promesse qu'elle ne cesse d'honorer.