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 Toy Story 5  divise totalement les critiques, à part sur un point précis

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 Toy Story 5  divise totalement les critiques, à part sur un point précis

Disney/Pixar

Les jouets qui incarnent « Toy Story » depuis plus de 30 ans font face à la menace de l'obsolescence avec l'intérêt grandissant des enfants pour les écrans numériques.

EN BREF • « Toy Story 5 » divise la critique, certains louant son audace narrative, d'autres déplorant un manque d'originalité.
• Le film aborde l'addiction aux écrans et le cyberharcèlement, thème unanimement salué.
• Malgré les avis partagés, la saga Pixar reste un succès au box-office.

Au milieu d'une semaine de sorties chargée dans les salles obscures, Pixar dévoile le cinquième opus de la saga Toy Story. Un film aussi attendu que redouté après un quatrième volet (2019), qui tirait déjà sur la corde pour ramener ses personnages sur grand écran.

31 ans après le premier film, Toy Story 5 débarque au cinéma ce mercredi 17 juin. Dans ce nouvel opus du réalisateur Andrew Stanton, les jouets vont comprendre qu'en 2026, une figurine d'aventurier de l'espace ou de cow-girl ne fait plus le poids face à la technologie moderne, nouvelle obsession des enfants, qui se matérialise dans le film par une tablette tactile baptisée Lilypad.

Malgré le succès historique de la saga, le retour de Woody, Jessie et Buzz est loin de faire l'unanimité dans la presse. Le dernier né du studio Pixar divise même grandement. Sauf sur un aspect du film qui semble, lui, faire l'unanimité : le délaissement des jouets à l'ancienne au profit des tablettes numériques et plus largement des écrans.

« Tendresse irrésistible » ou « mort » de Pixar

La cause de cette absence de consensus autour du film repose sur un « manque de gags hilarants et de scènes d'action époustouflantes » selon la BBC. Le long-métrage est « alourdi par une profusion de personnages et d'intrigues complexes », voire dispensables comme celle entourant Buzz L'Éclair.

En France, Le Monde est encore plus critique et estime qu'à l'heure où « l'intelligence artificielle galope à vitesse exponentielle, le studio, autrefois formidable diplomate entre l'humanité et le numérique, n'a plus grand-chose à articuler ou proposer en la matière ».

Bien que « correct », le film « n'élabore aucune ambivalence, séquence ou dramaturgie singulière », estime le journal, ému de réaliser « qu'un fil s'est rompu, qu'une intelligence s'en est allée » au sein du studio hollywoodien. Convaincu sur la forme, The Guardian affirme qu'« en tant que divertissement familial, le film brille de mille feux ». « Mais au fond, il est mort », assène-t-il ensuite. « Malgré l'énergie et la créativité déployées dans chaque image, le suspense, la nouveauté, les idées et la passion font défaut ».

À l'inverse, Screenrant sort totalement emballé du film : « La plus ancienne franchise de Pixar nous offre son aventure la plus drôle et la plus émouvante à ce jour ». « Choix narratifs audacieux », « histoire touchante » et « écriture subtile », liste le média américain, par ailleurs conquis par l'idée de « mettre Jessie au premier plan, au détriment de Woody et Buzz ». Emballé au même titre que Le Parisien par un film « enlevé et émouvant », The Hollywood Reporter juge « difficile de résister à la tendresse irrésistible » de ce cinquième opus qui « fait honneur à une franchise culte ».

Un message de fond sur le rapport aux écrans réussi

Si personne ne semble s'accorder après le visionnage du 31e film de l'univers Pixar, force est de constater que la thématique centrale du film ressort comme la grande force de ce nouveau Toy Story. Pour comprendre pourquoi, il faut rappeler que Bonnie a hérité des jouets culte de la saga (exception faite de Woody), mais son amour pour eux l'isole et la rend incapable de se faire des amis, les autres enfants étant obnubilés par les écrans.

Pour l'aider à s'intégrer, elle reçoit de la part de ses parents une tablette intelligente et adaptée aux enfants, qui lui permet enfin de créer des liens avec les autres enfants. « Mais elle est ensuite entraînée dans un monde de cruauté et de cyberharcèlement », résume The Guardian. De quoi reléguer Jessie et ses amis au second plan.

Dans Toy Story 5, la technologie n'est pas forcémenent machiavélique, comme l'illustre le personnage de Rouleau Pote, doublé par Jonathan Cohen en France.

Disney/Pixar

Dans Toy Story 5, la technologie n'est pas forcémenent machiavélique, comme l'illustre le personnage de Rouleau Pote, doublé par Jonathan Cohen en France.

Le film « aborde les dangers des réseaux sociaux et des appareils numériques, et dépeint la solitude et le désespoir chez les enfants et les adultes », souligne la BBC, au point d'affirmer que Toy Story 5 aurait mérité une « classification spéciale : Déconseillé aux parents ». Le journal va même jusqu'à qualifier ce Pixar de « film d'horreur le plus traumatisant de l'année – du moins pour les parents ».

Pour The Hollywood Reporter, le film a la bonne idée d'insister « sur le fait que les enfants ont besoin d'interactions physiques et de communication avec leurs pairs pour se développer et grandir, un message important et facile à partager ». La morale du film évite toutefois d'être manichéenne puisque « le film rappelle avec optimisme et un brin d'émotion nostalgique que la technologie peut aussi être une source d'amusement et de lien avec les autres », abonde Le Figaro. Une qualité qui s'illustre dans le film par l'apparition d'un nouveau personnage, un certain Rouleau Pote, doublé par Jonathan Cohen dans la version française du film.

Malgré une critique divisée, la franchise Toy Story reste une valeur sûre en matière de box-office. Le dernier volet, sorti en 2019, avait eu le mérite de réunir près de 4,5 millions de spectateurs français (et un milliard de dollars de recette à travers le monde) autour d'un film qui avait déjà eu du mal à mettre tout le monde d'accord.