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En Suède, larmée sentraîne à enterrer ses soldats en cas de guerre

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Mattias Thurfjell a devant lui 29 sacs mortuaires alignés dans une fosse, côte à côte. Il se place devant chacun d'entre eux, se découvre et répète les mêmes mots : “Soldat, vous êtes tombé au champ d'honneur pour la Suède. Votre devoir est accompli et reconnu. Cette sépulture n'est que provisoire. Reposez ici et attendez.†Parmi les dépouilles, deux soldats ennemis, qui ont droit à un dernier salut du même type.

Mattias Thurfjell a été détaché de la paroisse d'Enköping pour prendre part à cet exercice militaire à grande échelle à Väddö, dans le décor de carte postale de la province de Roslagen [sur la côte est du pays] : la Suède est en guerre, et le terrain qui jouxte la petite église vient d'être défriché pour servir de sépulture provisoire aux soldats fictifs qui ont payé le prix ultime pour leur engagement. “On s'entraîne à l'éventualité du pire scénario imaginable, celui de l'inhumation de nos frères d'armes tombés au combat, une inhumation qui doit être à la fois rapide, respectueuse et digneâ€, explique l'aumônière militaire Jenny Ahlén. Un dessin très rudimentaire permet de connaître la position du corps (symbolisé ici par de simples bûches de bois) à l'intérieur du sac mortuaire.

“Ça aurait pu être ton père ou ta mèreâ€

Jenny Ahlén constate que la mort est un sujet que l

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En Suède, larmée sentraîne à enterrer ses soldats en cas de guerre Dagens Nyheter (Stockholm)

Fondé en 1864, c'est le grand quotidien libéral du matin. Sa page 6 est célèbre pour les grands débats d'actualité. “Les Nouvelles du jour†appartient au groupe Bonnier, le plus grand éditeur et propriétaire de journaux en Suède. Le titre est passé en format tabloïd en 2004.

Au milieu des années 2010, le journal a frôlé le gouffre. Ses ventes papier avaient chuté de près de 120 000 exemplaires en 15 ans, et le titre ne comptait que 2 000 abonnés numériques. Il a su rebondir grâce à une stratégie offensive et innovante sur les réseaux sociaux. Ses contenus n'y sont pas disponibles, mais les journalistes ont été encouragés à chercher idées et histoires sur Instagram et Facebook, ainsi qu'à multiplier les interactions avec les lecteurs. En 2019, cette démarche avait séduit 160 000 abonnés numériques, quand 170 000 autres personnes avaient souscrit à une abonnement combinant papier et web.

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