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Netanyahu ordonne à larmée israélienne délargir son contrôle de Gaza

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par Andreea Popescu et Rami Ayyub

Le Premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu a déclaré jeudi avoir ordonné à
l’armée israélienne de prendre le contrôle d’une zone encore
plus grande de la bande de Gaza, pour la porter à 70% de
l’enclave palestinienne, avec pour effet de confiner les
Gazaouis à un fragment de territoire encore plus réduit.

Israël contrôlerait actuellement environ 64% de la bande de
Gaza, complètement ravagée par les bombardements effectués par
l’Etat hébreu dans le cadre de l’offensive lancée en
représailles à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 lors de
laquelle 1.200 personnes ont été tuées, selon les autorités
israéliennes.

Près de 73.000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza
depuis le début de cette campagne militaire israélienne, selon
les autorités locales, tandis que 2 millions d’habitants de
l’enclave palestinienne ont été déplacés par les bombardements.

Au moins 900 Palestiniens ont été tués depuis l’annonce en
octobre dernier d’un cessez-le-feu chapeauté par les Etats-Unis,
alors que les frappes israéliennes ont continué
quasi-quotidiennement à Gaza. Cinq soldats israéliens ont été
tués dans l’enclave depuis cette date. Le Hamas et Israël
s’accusent mutuellement d’enfreindre le cessez-le-feu.

Une commission d’enquête indépendante de l’Onu a dénoncé
dans un rapport publié en septembre dernier un génocide à Gaza
incité par les plus hauts responsables israéliens, dont Benjamin
Netanyahu, lequel est visé par un mandat d’arrêt de la Cour
pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes
contre l’humanité présumés.

Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu, une “Ligne
jaune” a été fixée pour délimiter la zone contrôlée par l’armée
israélienne. Cette ligne, qui apparaît sur des cartes
militaires, confère à Tsahal le contrôle d’environ 53% de la
bande de Gaza, tandis que le Hamas en contrôle le reste.

“PAS À PAS”

Reuters a rapporté le mois dernier qu’Israël a pris la
décision unilatérale d’élargir la zone délimitée par cette
“Ligne jaune” pour instaurer une zone réglementée qui, selon des
analystes, porte à environ 64% son contrôle territorial dans
l’enclave palestinienne.

A l’intérieur de la zone délimitée par la “Ligne jaune”,
Israël a rasé à l’aide de bulldozers la plupart des immeubles
qui n’avaient pas été détruits par les bombardements.

Benjamin Netanyahu a déclaré publiquement à plusieurs
reprises que Tsahal contrôlait plus de 60% de la bande de Gaza.
Au cours d’une conférence organisée dans une colonie juive en
Cisjordanie occupée, le Premier ministre israélien a déclaré
jeudi que ce contrôle serait encore renforcé.

“Nous étions à 50 (pour cent), on a avancé à 60”, a-t-il
dit. “Ma directive est que, allons-y pas à pas, en premier lieu,
70. Commençons par ça. Nous pressurons (le Hamas) de tous les
côtés. On va s’occuper des résidus”.

Le gouvernement israélien décrit les territoires occupés
militairement à Gaza, en Syrie et au Liban comme des “zones
tampon” destinées à empêcher une attaque similaire à celle du 7
Octobre.

Les Palestiniens considèrent ces démarches comme une
stratégie destinée les déplacer de manière permanente hors de la
bande de Gaza, citant des commentaires effectués par des
responsables israéliens.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit
vouloir encourager les “migrations volontaires” hors de
l’enclave palestinienne, tandis que le ministre israélien des
Finances, Belazel Smotrich, a appelé à occuper toute la bande de
Gaza et écarter ainsi la perspective d’Etat palestinien.

Benjamin Netanyahu a effectué son annonce deux jours après
qu’Israël a dit avoir abattu le nouveau chef militaire du Hamas
à Gaza, dix jours après avoir tué le prédécesseur de celui-ci.

D’après les autorités sanitaires gazaouies, une frappe
israélienne menée mercredi soir et présentée comme ciblant deux
chefs du Hamas a tué au moins 10 personnes, dont cinq enfants,
et blessé 18 autres.

(Andreea Popescu et Rami Ayyub, avec la contribution de Dawoud
Abu Alkas et Bassam Masoud à Gaza; rédigé par Jean Terzian)