Le projet d'avion de combat du futur franco-allemand s'arrête net après huit ans d'impasse industrielle. Estimé à 100 milliards d'euros, le Scaf laisse en suspens la coopération européenne en matière de défense.
Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz ont constaté que le projet commun entre la France et l’Allemagne d’avion de combat du futur (Scaf) ne pourrait pas être mené à bien, a annoncé l’Élysée ce lundi, mettant ainsi fin à des années de difficiles négociations politiques et industrielles.
L’ex-héritier des Rafale
Les deux dirigeants “ont chacun regretté l’impossibilité pour les industriels de s’entendre sur la continuation de ce projet”, déclare la présidence française dans un communiqué. “Les autorités allemandes ont estimé qu’il n’était pas possible de presser davantage les entreprises concernées”, ajoute-t-elle. “La France reste d’avis que la coopération franco-allemande est nécessaire à nos deux pays comme aux partenaires européens dans le domaine de la défense et de la sécurité.” Les deux dirigeants sont néanmoins convenus que les pays participant au projet continueraient à développer un système de drones et un réseau de données associés, ont déclaré des sources à Reuters.
Le projet Scaf, en gestation depuis plus de huit ans et estimé à 100 milliards d’euros, a été plombé par un litige entre Dassault Aviation et Airbus sur le partage des tâches et les droits sur les technologies. Le futur avion devait remplacer à partir de 2040 les Rafale français – fabriqués par Dassault Aviation – et les Eurofighter allemands et espagnols – fabriqués par Airbus, BAE Systems et Leonardo – par un chasseur de sixième génération.
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