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65 conflits armés en 2025 : guerres entre États, civils massacrés, le monde bascule à un niveau inédit depuis 1946

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La sécurité mondiale reposait sur une certitude tranquille,
celle de grandes puissances qui ne se font plus la guerre en face à
face. Cette certitude se fissure à mesure que les armées de pays
entiers se retrouvent de nouveau l’une contre l’autre. Les conflits
interétatiques se multiplient si vite que plusieurs d’entre eux ont
basculé dans la guerre ouverte au cours d’une même année.

Un sommet d’affrontements armés jamais atteint depuis 1946

En 2025, le Programme de données sur les conflits d’Uppsala,
référence mondiale pour le recensement de la violence organisée, a
dénombré 65 conflits impliquant au moins un État. C’est le total le
plus élevé jamais enregistré depuis le début de ses relevés en
1946. Huit de ces affrontements opposaient directement deux pays,
soit le double de l’année précédente.

Le basculement est récent. Le nombre de conflits directs entre
pays a doublé deux années de suite, passant de deux en 2023 à huit
en 2025. Treize affrontements ont atteint le rang de guerre,
c’est-à-dire au moins 1 000 morts au combat en une année, le total
le plus élevé depuis près d’une décennie.

65 conflits armés en 2025 : guerres entre États, civils massacrés, le monde bascule à un niveau inédit depuis 1946

Les conflits interétatiques renouent avec le seuil de la
guerre

Pour la première fois depuis 1987, deux guerres entre États ont
dépassé le seuil des 1 000 morts la même année. D'un côté, la
Russie et l'Ukraine. De l'autre, l'Iran et Israël. Le
front ukrainien reste toutefois le plus meurtrier au monde,
très loin devant les autres. En 2025, il a causé au moins 94 700
morts au combat. À lui seul, il concentre près de deux victimes de
combat sur trois recensées dans le monde.

Ailleurs, d'autres États se sont affrontés plus brièvement, de
l'Inde et du Pakistan à la Thaïlande et au Cambodge. Dans le même
temps, Israël a poursuivi ses opérations en Syrie et au Yémen. Au
total, toutes formes de violence confondues, environ 244 600
personnes ont perdu la vie en 2025. Selon l'analyse publiée dans le
Journal of Peace Research, seule
une année depuis le génocide rwandais de 1994 a été plus sanglante.
Les combats entre belligérants comptent pour près de 153 600 morts.
Le reste correspond aux violences qui touchent directement les
populations civiles.

Dix ans qui ont transformé la carte des
guerres

Le mouvement dépasse une simple mauvaise année. Depuis 2010, le
nombre de conflits impliquant au moins un État a presque doublé.
Les analystes relient cette poussée à l’effritement de l’ordre
international dominé par les États-Unis depuis 1945, qui encadrait
jusque-là les rivalités entre grandes puissances. Les guerres où un
État soutient en sous-main des groupes armés dans un pays voisin se
sont elles aussi banalisées.

La violence visant délibérément les civils a, de son côté,
quintuplé, portée par les massacres au Soudan qui ramènent ce type
de pertes à son plus haut niveau depuis 1994. À l’inverse, les
affrontements entre groupes armés sans aucun État impliqué sont
retombés à leur point le plus bas depuis 2013.

Les prochaines données annuelles de l’UCDP, attendues en 2027,
diront si la multiplication des
guerres entre États se confirme ou marque le pic d’une décennie
déjà hors norme.