Interpellé par le député Horizons de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli ce mardi 19 mai à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré envisager des économies budgétaires au-delà des six milliards d’euros initialement prévus, face à la crise provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Il va falloir se serrer encore un peu plus la ceinture. Ce mardi 19 mai à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé qu’il envisage des économies supplémentaires aux six milliards d’euros de gels de crédits déjà prévus pour compenser “l’impact” de la guerre au Moyen-Orient.
“Malheureusement, cette géopolitique s’est installée dans le réservoir des Françaises et des Français et malheureusement, nous le voyons, sous une forme ou sous une autre, cela va durer”, a-t-il admis après avoir été interpellé par le député Horizons de Corse-du-Sud Laurent Marcangeli.
“Les guerres hybrides ou malheureusement les guerres plus directes vont se multiplier et bien évidemment, nous payons cash nos dépendances en la matière”, a-t-il ajouté.
Et forcément, “l’activité de nos forces armées en opération extérieure sur l’ensemble de la zone, inévitablement, crée des dépenses, des impacts sur les finances publiques qui n’étaient évidemment pas prévus lorsque nous avons voté le budget”, a souligné le locataire de Matignon.
Gels de crédits
Mi-avril, le gouvernement avait déjà annoncé que six milliards d’euros d’économies sur les dépenses pourraient être réalisées en 2026, afin de compenser le coût de la guerre. Cela devrait prendre la forme de gels de crédits ou d’annulations ciblées.
“Mais une fois de plus, c’est une guerre et je pense que les six milliards d’euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront”.
“Cela va sans dire qu’on y reviendra en transparence”, a-t-il ajouté, sans divulguer plus de détails sur la nature des coupes budgétaires supplémentaires qui sont à l’étude.
Bientôt des aides pour le secteur de la chimie?
Il n’empêche: “À chaque crise, ce sont toujours les mêmes qui paient”, a reconnu le Premier ministre, qui a toutefois rappelé que les enjeux posés par le conflit au Moyen-Orient sont différents de ceux qui étaient présents au début de la guerre en Ukraine il y a quatre ans.
“La guerre en Ukraine présentait une crise de volume, d’accès à l’énergie, d’accès au gaz, là où cette crise du transport maritime (…) fait que nous avons une crise d’une inflation importée sur l’énergie”, a-t-il expliqué.
Face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement a procédé à plusieurs reprises à des aides ciblées aux secteurs économiques les plus exposés à la crise, comme la pêche ou le BTP.
“Depuis le début, mon obsession, c’est que des pans entiers de l’activité économique du pays ne se mettent pas aux arrêts (…) Nos amis pêcheurs font un calcul coût / avantage: soit il y a une rentabilité à sortir, les bateaux prennent la mer, soit il n’y a pas de rentabilité à sortir, les bateaux restent à quai”, a poursuivi Sébastien Lecornu.
Si certaines filières économiques tirent la croissance vers le haut, comme la défense, la communication ou encore l’énergie, le Premier ministre a cité deux secteurs en “tangente”: l’agriculture et le logement.
“Pourtant, elles sont aussi touchées par l’augmentation des coûts des intrants, pas seulement le GNR, mais les engrais, et l’ensemble des matériaux dérivés du pétrole, le plastique pour ne citer évidemment que celui-là crée évidemment une inflation qui peut être contagieuse”, a-t-il développé.
Sébastien Lecornu a par ailleurs mentionné une autre filière “dont on parle peu”, à savoir la chimie. “Elle est très fortement exposée en ce moment”, a-t-il souligné, c’est pourquoi le chef du gouvernement a sollicité les ministres de l’Économie Roland Lescure et de l’Industrie Sébastien Martin pour “faire rapidement des propositions”.






