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Monaco Blue Initiative 2026 : face  aux vents contraires  de la géopolitique mondiale, le prince Albert II et la princesse Charlène appellent à maintenir le cap pour la protection des océans

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Le couple princier a donné le coup d'envoi, ce mercredi 27 mai au Musée océanographique, de trois jours dédiés à la gouvernance et la protection des océans.

Avec en préambule, la 17e Monaco Blue Initiative (1) (MBI) ce mercredi, plateforme internationale de dialogue entre ONG, dirigeants, scientifiques… posant les jalons du deuxième Blue & Economy Finance Forum (BEFF), censés entrer dans la phase opérationnelle du financement de l'économie bleue (2) ce jeudi et vendredi au Grimaldi Forum.

Si la question de l'océan s'est faite une place de choix dans les grands rendez-vous internationaux, le contexte géopolitique mondial appelle à consolider les avancées des dernières décennies.

Ne pas reculer

« L'océan a fait un long chemin dans l'agenda international. Il est passé de la marge au centre. Et aujourd'hui, face aux vents contraires de la géopolitique, il est relégué au second plan. L'ordre international est plus fracturé qu'il ne l'a été depuis une génération. La confiance dans la science est contestée là où, il n'y a pas si longtemps, elle était incontestée. C'est précisément pourquoi des plateformes telles que le MBI et le BEFF sont importantes », alerte le prince Albert II, mettant en évidence les défaillances actuelles du marché, chiffres à l'appui.

« Les marchés, quelles que soient leurs forces, ont besoin de règles. Ils travaillent sur le court terme. Ils font face à des questions qui s'étalent sur des décennies, parfois sur des siècles. Et les coûts environnementaux restent largement non pris en compte dans nos modèles économiques, quand ils n'en sont pas totalement absents. Considérez un seul chiffre : les subventions nuisibles à la pêche coûtent encore au monde quelque vingt-deux milliards de dollars par an. »

Monaco Blue Initiative 2026 : face  aux vents contraires  de la géopolitique mondiale, le prince Albert II et la princesse Charlène appellent à maintenir le cap pour la protection des océans

De ce postulat, le Prince intime les acteurs étatiques à établir des cadres clairs, propices à l'investissement bleu et à la potentielle croissance qui en découle, pour mobiliser investisseurs, entrepreneurs, scientifiques, ONG, acteurs publics, privés… vers la même direction.

Investir porte ses fruits

« Les entreprises s'engagent lorsque le cadre est clair et crédible. Les chiffres le confirment. Près de 3 000 start-ups travaillent désormais sur l'innovation océanique. Plus de dix milliards de dollars ont été investis dans des technologies de rupture en une seule décennie. Et l'opportunité s'étend désormais à l'ensemble de la finance : capital-risque et capital-investissement, dette privée et infrastructure, obligations bleues. Investir dans l'Océan n'est plus seulement responsable. C'est rentable. L'Océan est devenu une classe d'actifs à part entière. »

La philanthropie, aussi, a sa part à prendre dans ces enjeux économiques, diplomatiques et environnementaux. La princesse Charlène et sa fondation éponyme en savent quelque chose.

En juin, « The crossing », course d'endurance en water bike portée par la Princesse, traversera le sanctuaire Pelagos. Un évènement en partenariat avec la Fondation Prince Albert II. « En connectant le sport à la conservation de l'océan, ma Fondation vise, à travers la traversée qui aura lieu en juin, à inspirer l'engagement, à promouvoir la protection de la Méditerranée et à démontrer que l'accomplissement humain et la responsabilité environnementale peuvent progresser ensemble. La mer est à la fois le cadre du défi sportif et l'environnement que nous cherchons à protéger. Par l'endurance, la discipline et l'effort collectif, le sport devient un puissant vecteur de sensibilisation et d'action », déroule-t-elle sur scène.

S'appuyer sur le progrès

Malgré les tensions mondiales, de nombreux motifs de satisfaction sont à retenir et à développer. « L'innovation s'accélère, et avec elle la chance d'avancées remarquables. Le transport maritime le montre clairement. Les objectifs de neutralité carbone que l'Organisation Maritime Internationale a fixés pour 2050 ont accéléré l'innovation comme jamais auparavant. La propulsion assistée par le vent, les carburants alternatifs, l'efficacité énergétique des navires… Les progrès réalisés en quelques années seulement sont immenses, et l'horizon est presque sans limite », poursuit le Souverain.

Après le dialogue, place à l'action avec le BEFF. « Sa première édition s'est tenue en marge de la Conférence des Nations Unies sur l'Océan à Nice. Elle a rassemblé des investisseurs, des entrepreneurs et des décideurs publics autour de projets concrets. Elle est passée du dialogue à l'action. Cette deuxième édition, dans son propre cadre, fera de même et aboutira à nouveau à des engagements fermes renforçant le travail accompli. »

Ce jeudi et vendredi, il sera notamment question de l'agenda post-2025 pour l'océan, la gouvernance et le financement de l'océan dans un monde fragmenté, les perspectives ouvertes par le traité de la haute mer, notamment pour les aires marines protégées.

(1) : organisée par la Fondation Prince Albert II en collaboration avec l'Institut océanographique.

(2) : l'économie bleue désigne toutes les activités économiques associées aux ressources marines et aux écosystèmes aquatiques.