TRIBUNE – Alors que la sécurité européenne traverse une passe particulièrement dangereuse, les questions internationales ne pourront être reléguées au second plan lors de la campagne présidentielle de 2027, analyse l'ancien ambassadeur*.
* Ancien ambassadeur, Michel Duclos est conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l'Institut Montaigne. Dernier livre paru : « Diplomatie française » (Alpha, 2024).
Sommes-nous dans une situation géopolitique comparable à celle des années 1930 – comme « l'air du temps » invite à le penser ? Ou plutôt, selon l'analyse de l'historien Odd Arne Westad dans son dernier livre, The Coming Storm, dans un remake des années qui ont précédé la Première Guerre mondiale ? Ou encore, les derniers signaux venant de Moscou – ce piteux défilé du 9 mai – annoncent-ils un fléchissement du pouvoir poutinien rappelant le début de la fin du pouvoir soviétique au mitan des années 1980 ?
Quelle que soit la réponse – nécessairement nuancée – que l'on apporte à cette question, deux données de base doivent orienter la réflexion stratégique. D'abord, cela va de soi, la sécurité européenne traverse une passe particulièrement dangereuse, du fait de la conjonction d'une Russie redevenue…




