Home World Dans le détroit d'Ormuz, les plongeurs démineurs français se préparent à intervenir

Dans le détroit d'Ormuz, les plongeurs démineurs français se préparent à intervenir

78
0

Alors que les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz, la France se tient prête à participer à d’éventuelles opérations de déminage. À Toulon, les plongeurs démineurs de la Marine nationale s’entraînent à neutraliser les engins qui pourraient menacer l’une des routes maritimes les plus stratégiques du monde.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


La France prête à sécuriser et à déminer le détroit d’Ormuz. Des bateaux démineurs, la Lyre et l’Andromède, sont d’ailleurs déjà à proximité pour se rendre sur zone. L’une de nos équipes a justement pu suivre les plongeurs démineurs de Toulon (Var). Susceptibles de rejoindre le détroit d’Ormuz, ils s’entraînent à repérer et à faire exploser plusieurs types de mines. Simulation en grandeur réelle d’élimination de mines navales. Un fléau, toutes guerres confondues. “Depuis la Seconde Guerre mondiale, à chaque fois qu’il y a un conflit où il y a l’espace maritime en jeu, il y a la menace mine qui fait face”, précise le lieutenant de vaisseau Vianney, commandant en second du Groupe des plongeurs démineurs de la Méditerranée.

Dans le détroit d’Ormuz, les Iraniens ont possiblement posé plusieurs types de mines. Elles peuvent être flottantes ou entre deux eaux. Dans ce cas, elles explosent lorsqu’un navire les touche. D’autres se déclenchent quand elles captent une masse magnétique ou des éléments acoustiques. L’explosion sous-marine provoque alors une onde de choc, une bulle de gaz qui peut soulever le navire. Sur un bateau, l’un des drones sonar utilisés par la Marine française pour repérer les mines de fond est mis à l’eau. “Il va partir de manière autonome réaliser son travail de recherche, de chasse. Le travail du drone, ça va être de nous cartographier les fonds à l’aide de sonars. Une fois qu’il aura fait toute cette chasse, on va le récupérer en surface”, explique un militaire.

Plus sophistiqué encore, un bateau sans pilote acquis par la marine belge est muni de drones robots. Aucun risque de sauter sur une mine puisqu’il n’y a personne à bord. Le drone va détecter et identifier chaque mine. Il transmet en temps réel toutes les informations à des bateaux ou des centres de commandement situés en zone sûre. Puis un autre engin va neutraliser la cible. Mais sait-on combien de mines les Iraniens ont posées ? “Peut-être dix, peut-être plus, peut-être aucune. C’est vraiment une arme très stratégique parce qu’elle est dissuasive sans avoir besoin d’être employée”, décrypte l’amiral Didier Maleterre, vice-président et conseiller défense d’EXAIL.

Pour simplement vérifier la présence et le nombre de mines dans le détroit d’Ormuz, il faut au minimum deux semaines. La reprise complète du trafic maritime n’est pas pour demain.