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Didier Deschamps : Que du bonheur !

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Didier Deschamps 29 mai 2026

L'essentiel de la première conférence de presse du sélectionneur des Bleus, au premier jour de leur rassemblement au CNF Clairefontaine pour préparer le Mondial 2026.

Si la Coupe du monde 2026 de la FIFA débutera officiellement pour l'Équipe de France le mardi 16 juin prochain à New York (États-Unis) contre le Sénégal pour l'Équipe de France (21h, en direct sur M6 et beIN SPORTS), elle a commencé dès le vendredi 29 mai avec l'arrivée en fin de matinée au CNF Clairefontaine de dix-huit des vingt-six joueurs du groupe*. Avant de diriger une première séance d'entraînement en fin d'après-midi, le sélectionneur des Tricolores a honoré le premier rendez-vous avec la presse d'une préparation qui verra les Bleus affronter la Côte d’Ivoire à Nantes (jeudi 4 juin à 21h10, TF1) puis l'Irlande du Nord à Lille (lundi 8 juin à 21h10, TF1), avant de rallier le continent américain pour le Mondial (11 juin au 19 juillet au Canada, États-Unis et Mexique).

* Les deux vainqueurs de la Ligue Conférence de l'UEFA avec le Crystal Palace FC (Maxence Lacroix et Jean-Philippe Mateta) arriveront samedi 30 mai, les joueurs du Paris Saint-Germain (Bradley Barcola, Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Lucas Hernandez, Warren Zaïre-Emery) et d'Arsenal FC (William Saliba), opposés ce même samedi en finale de la Ligue des champions de l'UEFA, sont attendus le mardi 2 juin au CNF Clairefontaine.

La liste des Bleus pour le Mondial

 DOUZE JOURS DE PRÉPARATION 
« Une étape importante »

« J'ai connu des préparations où j'ai déjà eu vingt-huit jours (rires). C'est une étape importante, une préparation qui est courte, avec des arrêts qui datent pour certains (joueurs), d’autres qui ont eu plus de repos… Je ne pourrai pas tout faire, mais faire en sorte d’aller à l’essentiel par rapport à ce qui nous attend, et notamment le premier rendez-vous avec ce match contre la Côte d’Ivoire le 4 juin. L’idéal, ce sera mardi quand l’ensemble du groupe sera là. Le programme est chargé entre ce que l’on doit faire et les obligations que nous avons aussi. Mais c’est la partie la plus agréable, surtout pour les joueurs qui ont évidemment le sourire et sont contents d'être là, d'avoir été sélectionnés. Quand les matches commencent, il y a forcément chez eux l’envie de jouer et ces deux matches (de préparation) devront servir aussi à une répartition du temps de jeu entre l’ensemble des vingt-six joueurs. La première partie sera quand même un peu plus athlétique pour remettre les têtes et le physique dans ce qui nous attend. Sur une période si courte, on ne peut pas effectuer un travail de fond. Ce sera un rappel, pour faire le plein d’énergie, et cela nous permettra aussi d’avoir quelques datas très importantes. Il y aura du ballon aussi, bien sûr. Dès lundi, on bascule sur le match de jeudi mais aujourd’hui, demain et dimanche, il y aura ce petit rappel athlétique ». 

Didier Deschamps : Que du bonheur !Un sélectionneur détendu pour le premier entraînement du rassemblement (photo Anthony Bibard/FEP/Icon Sport). 

 LA GESTION DU GROUPE 
« L'unité est indispensable »

« Je ne suis jamais tombé dans la routine, heureusement car autrement, les gens s’endorment. Je parle avec ce que je pense devoir dire, je ne pense pas utiliser les mêmes mots mais c'est toujours un événement particulier à chaque rassemblement. Ça l'est encore plus quand on se prépare à une Coupe du monde. Les joueurs le savent, ça ne sert à rien de se mettre trop tôt dans la compétition mais ils savent très bien ce qui nous attend. Ça peut se ressembler mais les contextes sont différents, sans répéter les mêmes choses mais en gardant celles qui sont importantes pour moi, dans la vie de groupe et les deux cadres, de travail et de vie. Et avec des joueurs numériquement plus nombreux, vingt-six. Là, on est H24 ensemble, certains sortent de quelques jours de “vacances ou repos” et en club ils ne sont pas habitués à ça, ils rentrent chez eux régulièrement, c’est la particularité. Certains, ce n’est pas leur première Coupe du monde, d'autres – et pas mal, les jeunes incorporés après l'Euro 2024 – vont découvrir. Sur le plan émotionnel, il est difficile de savoir comment ils peuvent réagir. C’est donc important d’avoir un groupe avec une certaine expérience, même si la jeune génération aujourd’hui est taillée pour le très haut niveau, avec des exigences très élevées.

Je n’ai pas trop d’inquiétude dans les premiers jours : la joie ressort surtout, le plaisir de se retrouver, même s’ils se connaissent tous parce qu'ils se croisent ou sont dans les mêmes clubs. Il y a des affinités entre eux. Comme à chaque fois, l’objectif pour moi et mon staff, est toujours de ne perdre personne. Ceux qui joueront, il n'y a pas trop de soucis, ceux qui jouent un peu, ça va, ceux qui seront amenés à ne pas jouer… Parce qu'ils ils ont tous l’ambition légitime d’être titulaire ou de participer aux matchs, je le comprends. Aujourd’hui, ils ont bien conscience d’être là par rapport à d’autres qui n’y sont pas, mais au fil des jours qui passent… Je connais suffisamment bien les joueurs sur le plan humain aussi et depuis un bon moment, il y a cette capacité à ce que “le groupe vive bien”. Ce n’est pas la formule magique, cela n'empêche pas qu'il peut y avoir pas des clans mais des affinités entre eux. Mais la notion d’unité, de force collective, c’est quelque chose qui est indispensable. Même ceux qui n’auront pas un rôle sur le terrain, c'est difficile pour eux mais ils sont là et ils ont aussi un rôle. C’est à moi et à l'ensemble de mon staff de les accompagner car il peut y avoir chez l'être humain, qui que ce soit, un coup de moins bien pour différentes raisons ».

 CHALEUR, DÉCALAGE HORAIRE, DÉPLACEMENTS… 
« Cela oblige à s'adapter »

« On sera confrontés à des températures élevées (au Mondial), même si on ne sera pas aux mêmes horaires d'entraînement et de matches là-bas (deux à 15h, heure locale) par rapport à ceux de nos matches amicaux (après 21h, heure française). Ça sert, surtout à tout ce que l’on va mettre en place avec le staff médical pour lutter contre cette chaleur, différents protocoles pour que les joueurs s’habituent. On le fera aussi à notre camp de base à Boston. Pour le décalage horaire, on va se caler lorsqu’on sera à Boston. Avant, je n'en vois pas la nécessité. On n’a pas eu beaucoup de temps en mars, cela ne nous a pas empêchés d’être performants. Cela dépend de chacun, certains peuvent dormir mieux que d'autres mais évidemment, la journée est totalement modifiée. D’habitude, la matinée est tranquille, mais là, cela change tout le planning et le contenu veille et jour de match. Jouer à 15h, ce n’est pas comme à 19h ou plus tard. Quand on joue à 21h, je fais une séance vidéo avant le déjeuner, là ce sera la veille. Il n'y aura pas de réveil musculaire, un déjeuner avancé… On a vu ça déjà en mars, les horaires d’entraînement ne seront pas les mêmes. L’avantage, si ç’en est un, est que la fin d’après-midi et la soirée sont plus tranquilles. Avant, c’était la matinée. Cela oblige à modifier, à s’adapter à des horaires différents, avec une température qui sera certainement élevée. Ça nous concernera à partir du moment où on aura mis le pied à Boston et comme on y arrivera le 10 juin, cela nous laissera six jours avant le premier match pour se caler. Pour les déplacements, ce ne sont pas tellement les distances mais le temps que l’on met pour rejoindre les différentes zones, des obligations médias à caler aussi… Moi, je veux préserver les joueurs et qu’il n’y ait pas de fatigue importante. On s'est calé par rapport à tout cela et cela a amené à pas mal d’aménagements pour les trois matches ».

En mars dernier à Boston contre le Brésil, les Bleus ont eu un avant-goût de Mondial (photo ICON SPORT/FFF).

 LES BLEUS FAVORIS ? 
« Avoir l'humilité »

« Je sens cette Coupe du monde comme un événement majeur, comme ça l'est à chaque fois. Mais nous voir déjà le 19 juillet (jour de la finale), ça ne me plait pas trop, même pas du tout. On n'a qu'à pas faire de match, on arrive aux États-Unis le 15 ou le 16 et puis… On aura d'autres étapes et ce qui est sûr aujourd'hui, ce sont nos trois adversaires et nos matches de poules. Que l’Équipe de France, par ce qu'elle a fait et les joueurs qui composent ce groupe, fasse partie des meilleures équipes, oui. Mais je sais trop bien qu’avant de penser à tout là-haut, il y a des étapes importantes et les premières sont les trois adversaires de notre poule. Une fois dit cela, une Coupe de monde, il n’y a rien de plus beau, de plus fort dans le football professionnel donc, on va tout faire pour être au rendez-vous. Ça n’enlève pas l’ambition mais je vois que d’autres sélectionneurs disent que l’Équipe de France a deux équipes… Mais il n'y en a qu'une qui jouera ! Je ne veux pas refuser le fait que l’on fasse partie des favoris. Est-ce que l’on est supérieurs à d’autres nations ? Avant chaque Coupe du monde, il y a logiquement, naturellement, légitimement sept-huit équipes qui ont l’ambition (de la gagner), une seule y arrivera. Ce n’est pas fuir, l’ambition est quelque chose d'essentiel, et être compétiteur. Mais il y a un mot aussi important : c’est avoir l’humilité. C'est bien, sur le papier il y a plein de choses mais surtout en football, malheureusement il suffit un jour de faire un peu moins et on peut le payer cher. Il faut donc être prêt à cela parce que nos adversaires ont aussi beaucoup de qualité. Je ne veux pas diminuer l’Irak mais Sénégal et Norvège, ce sont deux très, très bonnes nations. On sait à quoi s'attendre… ».

 SA DERNIÈRE COUPE DU MONDE 
« Je suis un privilégié »

« Je suis plein d'énergie, focalisé sur tout ce qui nous attend. Je sais pourquoi je suis là. Avec une certaine expérience, évidemment. C'est une nouvelle page blanche. Elle est blanche aujourd'hui, il faut qu'on l'écrive, pour qu'elle soit la plus belle possible. Cela passera aussi par pas mal d’échanges avec les différents joueurs et la gestion humaine, le management comme l'on dit plus maintenant (sourires). C'est aussi une part très importante Je sais pourquoi je suis là, avec une certaine expérience qui sert toujours. Mais c’est une nouvelle page qui est blanche aujourd’hui, il faut qu’on écrive et qu’elle soit la plus belle possible. Je ne vais pas dire que ce mot « dernière » me fatigue, je n'y pense pas à chaque fois que je fais des choses pour la dernière fois. Je sais pourquoi je suis là, je suis au service de l'Équipe de France depuis pas mal d'années et ce n’est pas ma personne (qui compte). J'agis en fonction de l'objectif de l'Équipe de France alors, cela me fait rire plus qu'autre chose. Plusieurs depuis que je suis arrivé hier, on m'e dit : “Ah ! C'est la dernière…”. On a fait une prise de sang ce matin, et on m’a dit que c’était ma dernière… Mais non, je vais en faire après, peut-être pas avec vous mais… (rires). Ce n’est que du bonheur, je sais que je suis un privilégié… Vous voulez que j’aille dans l’émotionnel (rires) ? Onze ans en tant que joueur, là c’est la quatorzième année (de sélectionneur)… Je profite de chaque moment, comme je l’ai fait à chaque fois. Je l'ai décidé et c'est sûr que cela sera la dernière, mais cela aurait pu arriver avant à maintes reprises. Pas de mon propre vouloir mais on aurait pu me faire arrêter aussi.  Ça ne change pas mon état d’esprit mais c'est Clairefontaine, cela représente beaucoup. C'est le cÅ“ur, la maison du football. Quand on parle Équipe de France, le lien est direct avec Clairefontaine. Beaucoup de choses sont derrière et appartiennent aux souvenirs mais je n’ai pas pour habitude de regarder dans le rétro : moi, c’est aujourd’hui et demain qui m’intéressent. Je sais très bien ce qui nous attend et c’est à nous les premiers, l'ensemble du staff, de dégager cette énergie par rapport aux joueurs, même si ce sont eux qui vont faire ce qu'il faut sur le terrain. On a cette obligation, d’être bien conscients d'être privilégiés et au service de l’équipe de France, avec une attente qui est forte et des exigences de plus en plus élevées. Même si c'est certainement de notre faute si on en est là par ce qui a été réalisé. C’est la très haute compétition, exigence maximale, pas de relâchement, le moindre détail peut être important, beaucoup de communication… Les journées sont bien remplies, je vous assure, mais c’est très bien comme cela et c’est du bonheur ! ».

 REVOIR LA CONFÉRENCE DE PRESSE 

Résultats et calendrier des Bleus

Matches de préparation

  • Jeudi 26 mars 2026 : Brésil – France, à Foxborough (États-Unis) 1-2
  • Dimanche 29 mars 2026 : Colombie – France, à Landover (États-Unis) 1-3
  • Jeudi 4 juin 2026 : France – Côte d’Ivoire à Nantes (21h10, TF1)
  • Lundi 8 juin 2026 : France – Irlande du Nord à Lille (21h10, TF1)

Coupe du monde de la FIFA 2026 – 1er tour (groupe I)

  • Mardi 16 juin 2026 : France – Sénégal, à New York (21h00 heure française, 15h00 locale, M6 et beIN SPORTS)
  • Lundi 22 juin 2026 : France – Irak, à Philadelphie (23h00 heure française, 17h00 locale, M6 et beIN SPORTS)
  • Vendredi 26 juin 2026 : Norvège – France, à Boston (21h00 heure française, 15h00 locale, M6 et beIN SPORTS)