Au Liban, 39 sites culturels ont été mis en urgence sur la liste de protection renforcée de l'Unesco le 1er avril dernier. Le droit international prévoit plusieurs statuts comme celui-ci. Leur violation peut entraîner des poursuites devant la Cour pénale internationale, notamment pour crime de guerre.
Au total, ce sont 400 monuments historiques et lieux emblématiques qui sont ainsi classés dans les 18 pays aujourd'hui affectés par le conflit au Moyen-Orient.
Viser les lieux de cultes actifs
Selon Joanne Bajjaly, archéologue et fondatrice de l'association libanaise de protection du patrimoine Biladi, les attaques du patrimoine relève de la stratégie d'Israël. Plutôt que de viser de grands lieux touristiques, victimes jusqu'ici seulement de dégâts collatéraux, l'armée «détruirait massivement» des monuments culturels «vivants», c'est-à -dire utilisés par la population locale quotidiennement. Ce qui constitue une atteinte à une civilisation et n'est pas sans rappeler le post rédigé par Donald Trump le 7 avril dernier sur son réseau social Truth Social à propos de la population iranienne. Il écrivait: «Une civilisation entière va mourir ce soir.»
Alexandra Xanthaki, rapporteure de l'ONU sur les biens culturels, insiste sur les conséquences de tels agissements à long terme: «La destruction de sites avec un intérêt culturel relève de l'attaque de l'identité d'un groupe et menace sa capacité de transmettre sa culture et son histoire aux générations futures».





